‹ La couronne des joursChapitre 18 sur 22 · I.e flot réglé avoue Amphitrite, et le soin · texte numérisé non relu

I.e flot réglé avoue Amphitrite, et le soin

De Cérès fait qu'en blés la glèbe ondule au loin.

Comment croîtrait la plante, à mesure animée.

Si du secours de Flore elle n'était armée?

Et sans Dionysos, qui donc, 6 clos voisina,

A la maturité conduirait vos raisins ?

Oui, les dieux sont vivants! parmi nous ils se cachent,

Mais on les recounatt à leur Sëre démarche,

A ce qu'ils ont en eux de nohle et d'assuré.

Si parfois, dans la rue, un beau front rencontré

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T'étourdit brusquement d'une ivresse confuse,

Et te décharge au cœur connue un coup d'arquebuse,

Considère établi que c'est le front d'un dieu.

Le poète entretient commerce avec les cieux.

Il pénètre le sens et le secret des choses,

II sait ce qui préside à leurs métamorphoses,

II sent l'esprit qui les anime et les conduit.

Un génie éloilé l'accueille au sein des nuits.

Il peut, sans déchaîner, 6 sjlvainsi vos colères,

Au plus profond des bois épier vos mystères ;

Il peut, sans qu'on le trouve, au jour, assassiné,

Fouiller l'ombre où sévit le saljre aviné.

J'ai vu la Bassaride, avec le jus des grappes,

Barbouiller le visage enchaîné de Priape,

Et, les cheveux épars, troussant sa robe aux reins,

Se ruer écumantc au bruit des tambourins;

J'ai vu passer, fouettant l'écume de sa queue,

La Sirène, ornement des solitudes bleues;

J'ai vu, lorsque la lune ai^nte le chemin,

Les Orjades danser en se tenant la main ;

Leur tunique luttait contre leur cuisse nue.

Et quand l'Aube est venue incendier la nue.

Leur image, bientAt fondue à l'horizon.

N'était plus qu'un brouillard au-dessus du gazon.

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PAROLES D'UN PÈRE A M. Marc Legrand.

Dieux ! qui tracez à l'herbe un chemin dans les O dieux I qui dirigez la pointe des moissons, Faites que cette enfant venue à la lumière Persiste ; elle est l'unique espoir de la maison.

En faveur de mes chants, soyez-moi secourables I Si je ne cesse point de vous importuner, '•

C'est que je sens rdder dans l'ombre impénétrable La vipère irritée autour des nouveau-nés.

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C'est que je vois la Force, ici, régulant les choses, Se plaire à culbuter le Faible sous ses coups, L'orage sans pitié se ruer sur les roses, Et la brebis servir de nourriture aux loups.

Pour seule arme, n'ajant que le désir de vivre. Elle s'ouvre et se fie aux premiers souffles chauds. Frêle enfant ! sans son^r que la pluie et le ^ivre Contre elle, au fond des nuits, méditent leurs assauts.

Sans savoir qu'elle est nue et fragile, exposée Comme un jeune feuillage aux caprices du vent, Et qu'elle est comparable à ce grain de rosée Qu'un instant voit éclore et qui sèche au suivant.

Ah] contre tous ces maux qui nous pressent sans cesse,

Tous ces poisons qu'on sent dans la nature épars,

Je m'étonne que l'inSni de ma tendresse

Ne puisse pas sufSre à lui faire un rempart !

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