‹ La couronne des joursChapitre 19 sur 22 · LE JARDIN · texte numérisé non relu

LE JARDIN

A M'" Alphonte Daadel.

Ah t si U roi Doua lisait dans son Lourre — A ma

Mon iaabrilée contre les ora^s de la y\e — , le seigneur, smerain de lanl de fiefs qu'il ignore le nombre de ses châteaux, ue nous marchandera it pas

Gaspard de la Naît.

Errant dans la banlieue, au détour de la rue, Je fus soudain.tiré par rimag« apparue, A travers le brouillard hésitant du matin, D'un petit toit rustique entouré d'un jardin. La vitre, décorée avec du chèvrefeuille, ^vaitce bon sourire heureux qui vous accueille.

.df/Googlc

1^8 LA CÛURONnS DE* JOUKS

La corbeille de fleurs, au milieu du gazon, Confisquait pour l'offrir l'éclat de lasaison. Une treille abritait, de sa voâte fleurie, Les siÈges destinés aux longues flâneries, Et, dressé comme un mur, un feuillag^e retrait Terminait l'échappée en gloire de forêt.

Je buvais, altéré, par la g-ille entr'ouverte,

Tout ce qui jaillissait du fond de l'ombre verte,

La pourpre des sorbiers, la clarté des lilas,

£t mes yeux devinaient ce qu'ils ne voyaient pas :

L'éclair du poisson rouge à travers l'eau qu'épanche

La Naïade, du grès de son amphore blanche,

La vigne cramponnée aux pierres du vieux puits.

L'escargot en voyage aux verts carrés de buis. ..

Je savais distinguer de tant d'odeurs mêlées

Confusément, l'œillet d'avec les giroQées.

La brise parfumée accusait ton séjour,

O rose épanouie en robe de velours I

Lesmuguetsmecriaient^ <c C'est ici que nous sommes! v

Chaque fleur, par qui naît la joie au cœur de Thomme,

Derrière la muraille aux croquis du charbon,

M'arrêtait au passa^ et me jetait son aom.

Des moineaux pépiaient ; un merle avec sa flûte Défiait la fauvette éloquente à la lutte ; L'hirondelle, rasant le bassin endormi, D'un cri joyeux semblait reconnaître un ami ; Et la maison disait : Je n'ai point l'opalence, Que l'orgie, autre part, porte sa violence.

Nulle colonne cTor, nul marbre précieux.

N'orne mon vestibule à fadresse des dieux.

Paisible, sans /racas, laborieuse, honnête, Je sais taillée à la mesure da Poète.

Entre! ta trouveras, assise à monjoyer, La Muse aux longs cheveux couronnés de laurier, Et, grave adolescent gai médite et qui pense. Sous mes ormeaux couché, son frère, le Silence! Tout ce qui porte une aile, importuné du bruit, A besoin d'un feuillage écarté pour sonnid.

Sous l'arbre ensoleillé ou le jour de la lampe, Un dieu viendra lui-même auréoler la tempe, El fera, dans mon ombre aux furtives lueurs, S'épanouir les vers à la façon des fleurs !

Ainsi me parlait-elle, au lever de l'a

.df/Googlc

Mais, 6 mon Ame où vibre encor ce bruit sooore, Témoigne qu'elle était menteuse en sa chanson, Puisqu'un autre habitait la petite maison I

.df/Googlc

Page 1