‹ La couronne des joursChapitre 3 sur 22 · BORDEAUX · texte numérisé non relu

BORDEAUX

A M . Lacien Hchnfeg.

Porte de l'Iade, espoir de la vigne torlue.

Salut! soit que ton port résonne aux feux du jour, Soit que Tourny s'allume et se prélasse autour Du grand Thé&tre avec sa ligne de statues.

Noble Burdi^Ia, reçois ici mes vœux Pour ce que d'énergie en tes veines circule; De Sparte est-ce pas toi qui, rénovant les jeux, Sut remettre debout son temple au vieil Hercule?

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Des Antilles te vieot la rose aux reSets noirs. Mais j'ai gardé surtout l'ivresse d'ua beau soir Le loDg des chaîx emplis de pourpre humide et chaude;

C'était fête! la joie emplissait les voiliers, Ausoue revivait aux chants des tonneliers, « Et semblait la Bastide une isle d'émeraude.

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I^ CBANBON D

A M. A. Osbert.

Que la Cariatide, en sa leole révolte, be retape, enfia, lasse i porter l'archiToIlc Et dise : C'est assez!

Sur le marché, tomate, auber^îae, concombre.

Tout flamboie et rdtit comme au feu d'un brasier, Mais dans la rue étroite, aux murs nus trempés d'ombre. Une fontaine chante au frais des marronniers.

Tout l'Orient s'évoque au frisson des palmiers. Là-bas un mont pierreux dresse un las de décombres Oà flotte encore, avec son geste coutumier,, Du Corse à cheveux plats la silhouette sombre.

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Tandis que sans relâche accostent les canots, Que la darse s'emplit d'un relent de Pernod, Ta vision géante obsède ma paupière,

Toi qui, renouvelant Prométhée, écrasas

Les reins ambitieux du poids de leur chimère,

Pu jet, « mélancoliqae empereur des forçats l »

i.Coojjlc

AVIGNON A i/'"' Marguerite Moreno.

Raïi de ces penseri que le vulgaire ignore.

Sous un ciel d'indigo,- A vîgnoD, d'un trait net, Se proâle avec sa couleur d'orange mûre, Son bloc pontifical et sa pierreuse armure, Et l'arc interrompu du pont Saint-Benezel.

Toi, dont le souvenir emplit cette Nature,

Et qui, d'un seul regard, faisais nattre un sonnet,

O Laure ! tu devais être sœur en figure

De celles que je vois sous leur petit bonnet.

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Les mules, les troupeaux aux Qotes inégales, Empoussiërent la route où chantent les cigales; Le HhAne impétueux précipite son cours.

Et la rive fleurie où j'arrête ma barque.

Se souvient qu'en ces lieux la Muse Et séjour,

Quand j sonnait ta plainte amoureuse, ô Pétrarque t

L CHANSON DEB VILUS

A M. Charlet Maurras.

Assis devant les flots, au soleil de midi,

J'ai senti sourdre en moi comme une ivresse neuve.

Tandis que fréxaissaient les stores de coutil

Et les pelouses du boulevard Sainte-Beuve.

Ia Gloire a fait ici flamboyer son épée ;

Ta pourpre y prit naissance, A Signe de l'honneur!

D'avoir senti passer un souffle d'épopée,

A ta ciiri3 escarpée une fierté demeure-

Des bords de Wimereux jusqu'au Portel étroit, J'ai va ces lieux, sacrés du nom de Godefroj, Et maintenaDt de loin, 6 profil de Boulogoe,

Au crépuscule, avant qu'on allume les feux, Je te salue, avec ton ddme et ta colonne Effacés à demi dans un nuage bleu.

Chemin de l'Ave Maria.

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