‹ La couronne des joursChapitre 9 sur 22 · BRUGES · texte numérisé non relu

BRUGES

A M. Jean Court.

Chose espa^ole abandonnée en pleine Flandre, Estuaire inutile oublié par la mer, D'un dieu crucifié obstioée à t' éprendre, Ta vois depuis mille ans répète le même air.

Les blasons de Bour^û^ne et d'Autriche, à travers Les siècles, de leur gloire ont composé ta cendre ; Et c'est d'un écu fier qu'un jour on vit descendre Le Cvçne consacré sur tes canaux déserts.

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Je sais ton béguinage et tes quais famUiers, Et lA rue endormie oii, tout mÉlaacolique, Parfois passe un bonnet à poils de grenadier.

A l'ombre du beffroi qui te marque les heures,

Tu languis oubliée ainsi qu'une relique.

Dans ta châsse d'eau morte et de saules en 0eurs.

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A M. Charles Beoumont.

Qne l'csD Fail un bruil a^r^iblc rombant sur ces feuillaees verUi, Et que je charmcraÎB l'oreille &î celte doucenr dod pareille Se pouvait trouver ea mes vers [

Les flaques de l'oroiëre et le Casai uni Mirent votre ombre, à promenades de la Ville 1 — Sous l'averse ruisselle un horizon de tuiles. A l'angle aigu des toits fume un grisâtre ennui.

L'image du Beffroi élevé nous poursuit.

La pluie engourdit tout de sa rumeur tranquille.

Uo estaminet vide au billard inutile.

Lourd de pensers flamands, m'offre un pensif abri .

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Par la vitre embuée on saisit vos mystères.

Quartier de l'Evèché, ruelles solitaires !

Un ^Atde reafcrmé sort puissammeot de vous.

A peine à l'éclaircie ai-je repris ma route,

Que l'averse redouble et j'entends, sous ses coups,

L'allée aux marronniers croisés qui frémit toute.

Rempart! Saiof-Ctillierine.

i. CHARBON DBB VILLES

A M. Albert Mickaal.

L'air est pleÎD d'uDetuleÏDe de n

La vieille rolupU de rÎTer A l> morl.

Voici rheure tranquille où l'homme des fabriques Respire, soulagé de la tAche du jour.

La paix descend du ciel. Les vains bruits, tour à tour, S'éteig^neat sur la berg« oii valsent les moustiques.

Le soir poudroie au front des vieux pignons de briques,

Je m'assieds sur la place en face de la tour,

Et rien ne trouble plus mon cours mélancolique,

Ni la religieuse extase d'alentour-

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^ COUHOHNE DSB iouhs

D'autres, qui ne sont plus, ont savouré l'ivresse De vivre à cette place, aux heures de paresse. Et je songe qu'un jour, vous qui n'êtes pas nés,

Vous viendrez, éblouis d'espace et de lumière, Y rendre grâce aux dieux tandis qu'abandonnés, Mes os achèveront de se perdre en poussièrel

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