‹ La couronne littéraireChapitre 100 sur 108 · LE PASSAGER · texte numérisé non relu

LE PASSAGER

nÂMCES.

Jet^ sur la mer de la vie , J^anager jeune et malheureux , » 1 Je vais sans guide et sans patrie ,

Errant sons un ciel oftgeux.

Quand, sur la foi de son étoile , Plus d^un pilote audacieux 6ans crainte a déplojré sa yoOe, En fredonnant des airs joyeux ,

||P A travers .cette onde infidèle, * Où le suit mon «eil incertain.

Je n^ai pas mâne une nacelle • Qui puisse.accueillir mon destin.

Cependant, loin de la tempête, * Squ. front s'est couronné de fleurs. . m .

]&t les venta sifflent sax ma tête, Et mes yeux aont mouillés de j^leurs

Ah ! coaiment éviter Torage?

Quel asile est paisible et sûr?

Qui peut m'indicpier un rivage Que protège un ciel toujours purf

Pirais vers la terre chérie DonJt il féconde le sillon ^ Comme une fleur pâle et flétrie.

Chercher encore un doux rayon ^

C ai7 )

£t fious nn ombrage fertile^ Au souffle embaumé du zépbyr» .

L'onde , à mes pieds , toujours tra]l<|ail]e> Viendrait murmurer et mourir.

Mais^ sur mon front que décolore ^

Un aquilon injurieux,

Je ne verrai point cette aurore

Se lever pour moi dans les cieoz.

Sons le flot irrité qui gronde ^ J'aurai disparu sans retour, Avant que mon oeil ait, sur l'onde.

Surpris la lueur d'un beau jour.

fiippoljrte BotLB.

LES PETITS ORPHEIiNS.

Couronnée par F Académie des Jeuxfionmx,

X<'bivbk glace les champs, les beaux jours sont passés^

Malheur an pauvre sans demeure !

I/)in des secours il faut qu'il meure:

Comme les champs alors tous les cœurs sont glacés.

De Pan renouvelé c^était la nuit première :

Les mortels, revenant de la fête du jour,

Hâtaient leur joie et leur retour :

Héme un peu de bonheur visitait la «haumiëre.

Au seuil d*nne chapelle assis , Deux enfants , presque nu^, et pâles de souffrance) Appelaient des passants la sourde indifférence.

Soupirant de tristes récits.

XJne lampe â leurs pieds éclairait leurs alarmes. Et semblait supplier pour eux.

lO

h^ pluB jeQiie, tremblant , chantait baigné dç larmes^ li'antre tendait sa main aox refus des beoreux.

« Nons TOici deux enfants , nous n'ayons plas de mère: » Elle moonit bier en nous donnant son pain ^

» Elle dort où dort notre père.

» Venez; nous ayons froid, nous expirons dé faim.

» L'étranger nous a dit : Allez; j^aî ma famille. 9 Estrce yous que je dois nourrir ?

» Nous avons yu pleurer sa fille, » Et pourtant nous allons mourir. »

Et sa yoix toucbante et plaintiye Frappait les airs de cris perdus. •

La foule, sans les yoir , s^écbappait fugitiye; Et bientôt on ne passa plus.

Us frappaient à la porte sainte, Car leur mère avait dit que Dieu n'oubliait pas. Rien ne leur répondait que Téobo de renceiule.

Bien ne venait que le trépas.

la lampe n'hélait pas éteinte :

L'heure , d'un triste son , vint soupirer minuit. Au loin, d'un char de fête on entendit le bruit;

Mais on n'entendit plus de plainte.

Vers l'église portant ses pas, Un prêtre, au jour iaaissant, allant à la prière. Les voit blanchis de neige et couchés sur la pierre. Les ap^Ue eu pleurant... Ils ne se lèvent pas.

■ • ••• Leur pauvre enfance , hélas ! se tenait embrassée ^ Pour conserver sans doute un reste de chaleur; ^^ le couple immobile , effrayant de pâleur , Tendait çucor ss^ main glacée.

( aiQ ) Le plus grand , de sou corps couvrant Paatrc à moi*^^^ Avait porté sa main aux lèvres de son frère , Gomnie pour arrêter Tinulile prière, Gomme pour l'avertir qu'il n'est plus de pitié.

Ils dorment pour toujours, et la lp;,fnpe encor veille. On les plaint^ on sait mieux pla^mdre que secourir. Vers eux de toutes parts les fleurs viennent s'offrir; Mais on ne venait pa^ Isi^veille.

Louis Beluoutet.

LOUIS xvn.

ODE

£^ ces temps-là, du ciel les portes d'or s'ouvrirent j 'Du saint des saints émus les feux se découvrirent; . Tous les deux un moment brillèrent dévoilés; - Et les élus voyaient^ lumineusesi phalanges.

Venir une jeune ame entre de jeunes anges.

Sous les portiques étoiles.

C'était un bel enfant qui fuyait de la terre; Son œil doux du malheur portaitle signe austère; JSes blonds cheveux flottaient'eur ses traits palissants; Et les vierges du ciel, avec des chants de fête, fixa, palmes du martyr unissaient sur sa tête La couronne des innocents.

On entendit des voix qui disaient dans la nue : « Jeune ange , Dieu'sourit à ta gloire ingénue ; 9 Viens , rentre dans ses bras pour ne plus en sortir; 3) Et vous, qui du Très-Haut racontez les louanges,

» Séraphins, prophètes, archanges, >> Gourbez-vous , c'est un roi; chantez, c'est un martyr.

-^ Où donc ai-je régné ? demandait la jeune ombre : ■» Je suis un-prisonnier, je ne suis point un roi;

s» fiTjer je m'endormis au fond d^ane tour sombre. » Où donc ai-je régné? Seigneur, dites-le-moi. » Hélas! mon père est mort d'une mort bien amére; » Ses bourreaux, ô mon Dieu! m'ont abreuyé de fiel. » Je suis un orpbelin^ je viens chercher ma mëre, u Qu'en mes rêves j'ai vue au ciel. »

Les aiiges répondaient : a Ton Sauveur te réclame : » Viens, Dieu d'un monde impie a rappelé ton ame; a Fuis la terre insensée où l'on brise la croix, » Où jusque dans la mort descend le régicide,

n» Où le meurtre , d'horreurs avide, » Fouille d^ns les tombeaux pour y chercher des rois»

— Quoi! de ma lente vie ai-je achevé le reste? M Disait-il j tous mes maux, les ai-je enfin soufferts? » Estril vrai qu'un gedlier , de ce rêve céleste, » Ne. viendra pas demain m^éveiller dans les fers? » Captif, de mes toiu'ments cherchant la fin prochain^ » J'ai prié : Dieu veut-il enfin me secourir? » Oh! n'est-ee pas un songe? a-t-il brisé ma chaîne? » Ai-je eu le bonheur de mourir?

» Car vous ne savez pas quelle était ma misère ! » Chaque jour dans ma via amenait des malheurs; » Et lorsque je pleurais je n'avais pas ma mère, » Pour chanter à mes cris, pour sourire à mes pleurs. » D'un châtiment sans fin languissante victime, » De ma tige arraché comme un tendre arbrisseau, » J'étais proscrit bien jeune, et j'ignorais quel crime » J'avais commis da^ mon berceau. .

M Et pourtant, écoutez, bien loin dans ma mémoire » J'ai d'heureux souvenirs avant ces temps d'effroi^ » J'epatendais en dormant des bruits confus de gloire, » Et des peuples joyeux veillaient autour de moi. ^ Un jour tout disparut dans un sombre mystère; jp ^e vis fuir l'ayeuir à mes destins promis j •

Vil ) » Je n'ëtaû) quW enfant, faible et seul sar la terre', » Hélas i et j'eus des ennemis !

» Ils ni^ont jeté vivant sons des murs funéraires j I) Mes yeux voués aux pleurs n'ont plus vu le soleil; » Mais vous que je retrouve, anges du ciel, mes frères, » Vous m'avez visité souvent dans mon sommeif. » Mes jours se sont flétris dans leurs mains meurtrières, » Seigneur; mais les méchants sont toujours malheureux. » Ohl né soyez pas sourd comme eux à mes prières , » Car je viens vous prier pour eux. »

Et les anges chantaient : a L'arche à toi se dévoile ; » Suis-nous : sur ton beau front nous mettions une étoile, a» Prends les ailes d'azur des chérubins vermeils; » Tu viendras avec nous bercer l'enfant qui pleure,

» Ou, dans leur brûlante demeure , » D'un souille lumineux rajeuzdr les^soleils. »•

Soudain le chosur cé;^sa , les élus écontéreiit ;. * II baissa son regard' pair léS larmes terni; Au fond des cieuxmuets les mondes s'arrêtèrent, Et l'éternelle voix parla dans l'infini.

« O roi! le t'ai gardé loin des grandeurs humaines. » Tu t'es réfugié du trdne dans les" chaînes.

» Ya, mon fils, bénis tes revers.

» Tu n'as point su des rois l'esclavage suprême, » Ton front du moins n'est pas meurtri du diadème,

» Si tQs bras sont meurtris 4e fers.

I» Enfant, tu t'es courbé sous le poids de la vie. » Et la terre, pourtant, d'espérance et d'envie

» Avait entouré ton berceau !

a> Viens, ton Seigneur lui-même eut ses douleurs divines f » Et mon fils, comme toi, roi couronné d'épines,

», Porta le sceptre de roseau. »

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