LA NAISSANCE DU DUC DE BORDEAUX
ODE
Sàyez-vovs, voyageur, pourquoi, dissipant Tombre, D'innombrables clartéa brillent dans la nuit sombre ? Quelle immense vapeur rougit les cieux couverts, Et pourquoi mille cris, frappant la nue ardente.
Dans la ville, au loin rayonnante, Comme un concert confus, s^élëVent dans les airs ?
O joie ! à triomphe ! 6 mystère 1 Il est né Tenfant glorieux, L'ange que promit à la terre Un martyr parlant pour les cieozl L'avenir voile se révèle* Salut à la flamme nouvelle Qui ranime Ilncien flambeau!
Honneur à ta première aurore, O jeune lis qui viens d^éclore.
Tendre fleur qui sors d'un tombej^u!
C'est Dieu qui l'a donné, le Dieu de la prière
La cloche, balancée aux tours du sanctuaire, Comme aux jours du repos, y rappelle nos pas. C'est Dieu qui l'a donné, le Dieu de la victoire!
Chez les vieux martyrs de la gloire ' Les bronzes ont tonné , comme au jour des combats.
Ce bruit, si cher à ton oreille.
Joint aux voix des temples bénis, N'a-t-il donc rien qui te réveille, Otoi, qui dors à Saint-Denis?
Lève-toi ! Henri doit te plaire Au sein du berceau populaire; Accours, 6 père triomphait!
Enivre sa lèvre trompée , Et viens voir si ta noble épée Pèse aux mains du royal enfant.
Hélas! il est absent? il est au sein des justes. Sans doute, en ce moment^ de aes aïeux augOBtes Le cortège vers lui s^avance consolé :
Car il rendit, mourant sous des coups parricides,
Un héros à leurs tombes vides, Une race de rois à Jeur trône isolé.
Parmi tons ces nobles fantômes , Qu'il éléye im front couronné ^ Qu'il soit fier dans les saints royaumes , ' Le père du roi nouveau-né!
Une race longae et sublime Sort de rimmortèllc vic^pae :
Tel un fleuve mystérieux, Fils d'un mont frappé du tonnerre , De son cours fécondant la terre , Cache sa source dans les cieux.
Honneur an rejeton qui deviendra la tige !
Henri, nouveau Joas, sauvé par un prodige, A Pombre du l'autel croîtra vainqueur du sort; iTn jour, de bcb vertus notre' France embellie ,
A ses sœurs , comme Gornélie, Dira : « Yoilà mon fils» c'est mon plus beau- trésor. »
O toi , de ma pitié profonde Reçois l'hommage solennel, Humble objet des regards du monde.
Privé du regard paternel. Puisses-tu, né dans la souffrance, Et de ta mère et de la France Consoler la longue douleur!
Que le bras divin t'environne.
Et puisse, ô Bourbou,.la couronne Pour toi ne pas être un malheur !
Oui, souris, orphelin, aux larmes de ta mère; Écarte, en te jouant, ce crêpe funéraire
Qui voile ton berceaa des couleurs du cercueil ; Sois am sombres soucis qui nous rongent encore
Ce qu'est le flambeau de l!aurore Aux yapeurs dont la nuit couyre son char de deail.
Ivre d'espoir, ton roi lui-même , Consacrant le jour où tu nais , Timpose, avant le saint baptême ,< Le baptême du Béarnais.
La yeuye t'offre à l'orpbeline:
Vers toi , conduit par Pbéroïae ^ Vient ton aïeul en cheyeux blancs; Et la foule, bruyiy^te et fiére.
Se presse à ce Louvre, où naguère.
Muette, elle entrait à pas lents.
Guerriers, peuple, chantez! Bordeaux, leye ta t^. Cité qui, la première, au jour de ta conquête, Maudis la trahison et proclamas ta foL.
Et toi, que le martyr aux combats eût guidée,
Sors de ta doulear, ô Vendée !
Un roi nait pour la France, un soldat naît pour toi.
Rattachez la nef à la tiye :
La veuve reste parmi nous , Et de sa patrie adoptiye . Le ciel lui semble enfin plus doux^.
L'espoir à la France l'enchaine :
Aux champs où ixix frappé le chêne Dieu fait croître un faible roseau^ L'amour retient l'humble colombe >.
Il faut prier sur une tombe ^ Il faut veiller sur un berceau..
Dis, qu'irais-tu chercher au lieu qui te vit naître , Princesse ? Parthénope outrage son vieux maître : L'étranger, qu'attiraient des bords exempts d'hivers , Voit Palerme en fureur. Messine dans les larmes ,
( ^"iS )
Et) plaignant la Sicile en armes , De ce funèbre Éden fuit les sanglantes mers.
Mais que les deux volcans s'éyeillent^ Que le souffle du Dieu jaloux Des sombres géants qui sommeillent Ranime enfin Fardent courroux j Devant les flots brûlants des laves, Que seront ces hautains esclaves, Ces chefis dW jour, ces grands soldats?
Courage, ô vous, vainqueurs sublimes!
Tandis que vous marchez aux crimes, La terre tremble sous vos pas.
[ fieste au sein des Français, à fille de Sicile! Ke fuis pas, pour des bords d'où le bonheur s*exile , Une terre où le lis se relève immortel ; Où du peuple et des rois Funion salutaire
If 'est point cet hymen adultère Da trône çt des partis , des camps et dé Tautel.
Nous, ne craignons plus les tempête»,
Bravons Thorizon menaçant.:
Les forfaits qui chargeaient nos têtes
Sont rachetés par Tinnocent.
Quand les nochers, dans la tourmente,
Jadis voyaient Tonde écumante
Entr'ouvrir leur frêle vaisseau,
Sûrs de la clémence étemeUe,
Pour sauver la nef criminelle
Ils y suspendaient un berceau.