C. DUBOS
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jl'étude/
Il est, entre ces biens si trompeurs et si fauXi Il est un bien réel, doux charme cl#nos maux, Dont. on sent dès Tabord la paix '^chanteresse. Dont on jouit sans trouble et non pas saps ivresse, Qui suit Thomine, en dépit des .destins inconstants^ A tciit âge, ^n tous lieux^ et dans tous les instants; Qui, sans ces^e nouy^piu^ s^^ccrolt par Phabilude^ Plein de calme, d*oubli, d^innocence : Tétude; ïj'étudf, plaisir vrai dont la source est en nous, LMtude , (^ureux trésor qui les remplace tous.
Qu'ion ne la borne pas aux seuls besoins du sage ; 11 n'est aucun mortel qui n'en trouve Pusage. Quel que soit notrp sort, illustre ou sans édat. Monarque, citoyen, guerrier ou n^agistrat, .
Jeune ou vieux , ricbe ou pauvre , heureux ou misérable, L'étude, utile a ^us, est à tons agréable j Elle allège les grands du poids de U grandeur, ^auve aux ricbes Penflui de leur triste bonbeur, Fait^n peuple oi»dti rois oublier le caprice, TxanquiUise le cœur qu'irrita Finjustice ; Console doucement rhonnne persécuté.
Des affronts, de Pexil et de la i^iuvreté.
Hâte aimable des champs, compagne de voyage, Du cabinet des rois, de la maison du sage, jusque dans les pamps même elle conduit ses p98. ^Catinat et Gondé ne la dédaignaient pfuj Et, voyagevr a^mé pour conquérir la terre , Alexandre en Asie emportait son Homère.
De^uliie au tombeau j'ai vu le pér£ en pleurs* Quel pouvoir l'a calmé ? L'étude consolante ; ti'étude et Tuscnlum : et quand Rome sanglante Eut reconnu la loi des cruels triumvirs , L'étude encor charmait ses amers souvenirs.
Ah! que d'infortunés, en cette triste France, Comme lui, meancés par le crime en démence.
Ont Uoiivë dans Tétiide un remède à leurs maux! Seuls, pleurant leur famille envoyée aux bourreaux , Leurs rangs^ leurs dignités, leur fortune rayie, L^étude adoucissait leur douloureuse vie^ Les Unes, seuls Imis qui ne sont point ingrats, Au plus lointain eaSL accompagnaient leurs pai. On a TU, dans ces temps de deuil et de misères, Des princes, exilés du palais de leurs pères, Errer chez l'étranger, sans espoir de retour. L'étude était leur bien, leur asflb, leur cour; Et, comme aux jours beureux ils régnaient arec elle^ Aux jours de l'infortune elle leur fut fidèle * Voyez-TOus ce proscrit, de sa perte certain ; Assis, calme, et le ft-ont appuyé sur ia main, Il lit, médite, écrit; c'en est fait. Sa pensée Dans l'espace sans borne an loin s'est élancée. Plus de prison. pour lui, de verrouz ni de fers; Il est libre. Il parcourt tout le vaste univers. . Il saisit des secrets que gardant la nature; Sa main va les transmettre à la race future.
Hàte-ttoi ! les bourreaux disposent de ton sort. Mais on ouvre, on le nomme, dh Pappelle à la mort. « De quelques jours encore^ab! prolongez mon âge, » Et qu'avant de mourir j'achève mon ouvrage. » Tu l'as dit, Lavoisierl mais tu l'as dit en vain; Tu meurs. Tel Archimède , au bord syracusain , De l'art qu'il illustra mourut l'ame o<?cupée, Et du s(^Aat romain n'a pas senti Tépée.
P. LsvRUir.
PORTBAITS.de IUCHELIEU et de MAZABm,
EXTRAITS DE CONSIDÉRÂTIOirS SUR LES MÉMOIRES 8EC&ET8.
' Ce fameux cardinal , qui traita la France comme nos médecins modernes traitent leurs malades désespérés; il l'épuisa de sang, la priva de forces, pour maîtriser ses mouvements convulsifs et lui rendre une énergie nouvelle dont il pût diriger les efforts. Imprudent, mais heureux pilote, il réduisit son roi au rôle de passager dans le vaisseau de l'État, que seul il pouvait gouverner au milieu des orages nom-^ breux qu'il avait fait naître.
A cette apparition, terrible dans l'histoire, en succède une autre moins imposante, mais tout aussi grande peut-être. Mazario) plus fin, plus adroit , que son prédécesseur, héritier de tou^Mes haines que celui-ci avait soulevées , sentit qu'nK pouvait se soutenir par les meniez moyens. Ce n'est qu'à force d'adresse qu'il se maintint aussi |ong-temps dans le poste éminent qu'il occupait^ Peu soucieux
M^ sentiments qu'il inspirait , il désirait qu'on le méprisât ^ssez pour ne le point trop redouter. Immobile jau milieu de tous les* partis, il les dominait en les opposaAt sans cesse ruh à l'autre. Ses ennemis , follement persuadés qu'il suffirait de le braver et de l'outrager pour en recevoir des bienfaits^ ne s'apercevaient pas que c'était ua moyen de plus , employé par le rusé ministre, pour les flétrir euxmêmes et les diviser entre eux >aussi , dans les trois époques de la Fronde, vit-on sans cesse les partisans du parlement et des princes dans une vacillation continuelle , passer sans cesse , et pour les plus
légers motifs, d'an c«nip à Tantre, toujoars plos i furieux coDtre les cbefs opposants .de lear propre parti que contre Mazarin lui-mém^