D'ABEL
Dieu ! qu'ai-je fait, ou m'a entraîne mon aveugle* furie, à quel excès 'me suis-je porté? Abel, mon. frère, ranime -toi, répends à qa infortuné auquel: l ne reste qu'une lueur d'espérance. Hélas! ta ne m'entends pas; j'ai consommé le crime que ma haine méditait. Abel^ tu n'es plus, et c'est moi
qui viens de l'arracher la vie j f ai voolu trent* • per mes mains dans ton sang. Cruelle jalousie! ti» croyais l'y satisfaire! dans cjucl abîme m'as -ta plongé! Voilà donc cette mort que Dieu nous a prédite. Ah f que n'en suîsrje la première victime; Abel, cher ami, que ne puis- je racheter tes jours aiî prix des- miens î Est -il possible que j*àie pu te hair? Hélas! il n'est que trop vrai, je t'aime pour la première fois, et c'est un meurtre qui me fait éprouver ce sentiment. O toi qui m'aimais si ten^ drement! toi qui cherchais à adoucir mon cœur, as- tu pardonné à ton malheureux frère? Oui, je le vois tourner encore vers moi un regard de bonté;
tu veux m'arréter^ tu tombes O image af-
reuse! ô désespoir!, ou fuir, dans quels lieux me cacher à -moi-m^me? Ciel t que répondt*ai-je k Adam qui me demandera sou fils ? En vain voudrais-je lui déguiser mon crime^ les maux qui me •rongent trahiraient mon secret; comment supporterai-jcr la vue de sa douleur et les malédictions^ dont il m'accablera ?- Insensé !. les mains fument encore du sang d'un frère et tu songes à paraître devant rautèur de tes jours; va, fuis, abandonne ces lieux qui l'étaient chers, et que tu viens de souiller par le plus affreux des crimes; va diemander aux bétes féroces la mort que tu as donnée à ton frère. Hélas ! j'échapperai ainsi k la vue de mes parents ; mais puis -je évifer l'œih de Dieu,^ dont la ctflère me poursuit ! iâ>er^ lu me pardonnes, >ma.is ton sang erië vengeance; ce Dieu juste l'entend, il exauce sa prière Déjà je ressens les maux dont il m'acca*bl^; les remords me consument , le désespoir est dansmon.cœur.. *!
POLONIE*.