‹ La couronne littéraireChapitre 107 sur 108 · LA ROSE ET LE BUISSON · texte numérisé non relu

LA ROSE ET LE BUISSON

UifE rose croissait à Tombre d'un buisson ,

Et cette rose^ un peu coquette, Ve s'accommodait point de son humble retraite^ C'était méme^ à l'entendre, une horrible prison. Son gardien lui disait : <c Patience , ma chère ; » Profite de mon ombre, elle t'est salutaire. » Cest peu que du midi je t'épargne les' feux,

» Grâces à mes dar^ épineux, » Des animaux rongeurs tu- ne crains nul outrage; » Je te défends encor des vents et de l'orage.

» Chéris donc ton stsûe obscur,

9 II n'est pas beau, mais il est sur. »

La rose est indignée, elle n'en yeut rien croire.

«c Vivre ainsi, c'est vieillir sans gloire. » Un bûcheron parait. « Accours, dit-elle, ami! » Sois mon libérateur, fais tomber sous la^ache

» Ge vilain bnbson qiri me cache. »

Le manant empressé n'en fait pas à demi; II abat le buisson : partant, plus de tutelle.^

La rose de s'en réjouir.

Elle va donc s'épanouir.

Charmer tous les regards, attirer autour d'elle

Le folâtre essaim des zéphirs.

Hose, on va l'appeler dts roses la plus belle. O fortuné destin ! 6 comble de plaisirs I

Tandis que la ^une orgueilleuse- Rève ainsi le bonheur, et vit d'enchantements,

YoUà qu'une chenille affreuse A découvert sa tige, y grimpe lentement, Puis sur son bouton frais se traîne insolemment.

Un escargot plus vil encore

Tient souiller ses appas naissants.

Le soleil , à son tour, de ses rayons ardents >

La frappe 3 elle se décolore..

Dans le chagrin qui la dévore,

Elle songe au boisson; mais, regrets superflus!

Ce doux abri n^existe plus.

Qu^arriTe-t-il enfin? La rose Se fane, tombe et meurt, bêlas! à peine éclose!

Le Baillt.

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