LE PARASITE CONGÉDIÉ
> Dv monde ayant mal fait Fétnde , Le dieralier 4e B*^ oontracta lliabitude ^
De dîner tous les jours dans b même maison , Chez d^honnétes bourgeois de moyenne fortune, A la table desquels sa visite importune, Au bout de quinze jours > devint hors de saison. On le lui fit sentir autant qu'il fut possible,
Sans cependant lui faire affront)
'Mais, conservant le même front, A tous les quolibets se montrant insensible.
Chez ces Amphitryons, seul ou devant témoins.
Notre homme n'en dfnait pas moins.
Suzon, tout à la fois honnête chambrière.
Et gouvernante et cuisinière , Lot disait cbaqoe jour^ avec son gros bpn sens : « Monsieur le chevalier , mes maîtres sont absentSr -^C'est égal, répondait Teniêté parasite^
A leur petit Fanfan je vais rendre visite
Et toi-même, Suzon, comment cela va-t-il?
fiein.'^pas trè»-mal, je crois... » Ou bien, adroit, subtil»
Et sachant braver tout scrupule,
U disait dans son vil caquet :
« Je vais daus le salon pso-ler au perroquet î » Ou bien : « Je vais régler ma montre à la pendule. »
Et la pauvre fille crédule, N'osant pas trop d^ailleurs brusquer le chevalier,
De^ur de se rendre blâmable.
Dans le salon feignait de l'oublier.
En attendant que l'on se mit à table.
Au maître, enfin, ce manège déplut j Il consigna l'intrigant à la porte.
Et sermonna SuzOn de telle sorte, Que, quand le lendemain le dineur accourut, Suzon, qui le guettait postée à sa fenêtre, Lui cria dans la rue , en le voyant paraître : « Monsieur le chevalier, retournez sur vos pas:
(ai )
Mes maltreS'Sont sortis, monsieur Fanfan sommeille, Le perroquet est moit, je me porte à merveille, £t la pendule ne Va pas I »
lE PERFIDE BANQUET D'HÉUOGABALE («;.
DÉFIONS-NOUS de la rose : nous croyons n'avoir à redouter que ses épines^ la fleur elle-même, caressante et cruelle à la fois , exhale avec ses doux parfums un invisible poison. Cest vous que j'en atteste, membres illustres d'un auguste sénat , vous qu'au milieu de la joie d'un festin , un tyran , dans un accès de frénésie , étouffa jadis sous un amas de roses. Livrés-sans défiance aux délices d'un banquet splendide^ ils épuisaient k l'envie des eoupes remplies d'un nectar écumant^ lorsque du plafond doré descend avec lenteur une légère pluie de roses , dont les suaves émanations embaument les convives. A ce spectacle inattendu, on s'étonne , on accueille avec transports d'allégresse ce raffinement de volupté^ et la troupe abusée s'empresse d'applaudir au prince el de fét^ mi si beau jour. Cependant la pluie redouble; les tables, les lits en sont inondés, et les convives respirent à peÎQç ^ous cette masse odorante. Ils reconnaissent alors la perfide scélératesse du tyran; m^is il est trop tard , plus de moyen d'échapper, un déluge de fleurs les engloutit tous, et les ensevelit dans un même tombeau. G. Dubos.
(0 HéLioGiiBÂirE , empereur des Romains^ vivait dans le 3« siècle après J.-C. Ce fut un monstre de cruauté et de débauche. Son vrai nom était Yarius Avitus Bassaitius; celui d^flj^roGABÂLC lui venait de ce qu^il avait été consacré au Soleil, dans la viUe d^jEmpse, en Asie. Ce prince mourut assassiné.