OPHÉLIA
tLÈGlZ.
L'AiRÀiir fatdl du. deail a fait gémir ses sons;
Le murmure des vents se tait dans les vallons f
JDe Termite égaré recueillant la prière,
Sur ses gonds va tourner la porte hospitalière f
Et du soleil mourant les dernières clartés,
Au loin tremblent encor dansles flots agités.
O douce paix du soir ! calme pi^ofond, immense!
Hélas! pourquoi faut-il que, troublant ton silence,
Et seule prolongeant «es lugubres concerts,
La cloche de la mort se plaigne dans les airs?
Qui donc va demander le repos à la tombe P
Serait-ce au poids des ans le vieillard qui supcombe?
Est-ce une mère enfin qui s^endort sans retour.
Et laisse Heureux les fils d'un tendre et long amour ?
Opbélia, c'est toi, toi qae brise Tofage, ^Que la vague en fureur jette sur le rivage , Lorsqu'à peine tes yeux avaient vu seize étés, £t (pie de ton hymen deux mois étaient comptés !
Sur la terre, dVn Dieu rapide messafi^re.
Comme Toisean des champs , la vie est passagère. Si pour l'homme tout meurt, tout jusqu'au sooveBÎr, La mort est une porte ouverte à l'avenir ^ Et, par eUe arrivée aux célestes demeures , Où l'immobile temps oublie enfin les heures , $
L'ame jouit d'un sort qui n'est plus limité, Et passe de la vie à l'immortalité.
Mais qu'il est douloureux d'enti>er dans la carrière, Et soudain d'y jeter un regard en arriére !
Ophélia, pour toi brillaient des jours tn beauk ! L'honzon s'est voilé, tout parle de tombeaux, Tout déplote avec moi ta destinée amére, Et tout redit : Tu meurs, tu meurs sans être mère!
TSKRASSOir.