SIÈCLE DE LOUIS XIV
Des jours plilS éclatants sont promis à la France : La gloire, aux ailes d'or, vers la Seine s'a^nce j A Louis encor jeune elle adresse ces mots :
« Tu sais vaincre , Louis ! déjà l'art des héros » A couronné ton front d'une palme immortelle : » Mais un plus doux triomphe en ce moment t'appelle. » Le talent , pour briller, n'attend que tes regards : y» Près du trône, à ta yoix, que la main des beaux-arts
> Suspende avec orgueil leurs paisibles trophées;
» Par eux seuls tu vivras. Sans la voix des Orphées, » L'oubli des plus grands noms éteint le souvenir,
> La victoire est muette , et n'a point d'avenir.
» Aime ces fils du ciel : que ton coup-d'œil devine
» Dans ses premiers essais le talent de Racine;
» De Corneille vieilli console les revers ;
» Qu'il doive à tes regards encor quelques beaux vers :
» Que les Muses, ornant ton pompeux diadème,
» En accroissent sans fin la majesté suprême ;
» Joins leur douce yicloire à tes plus grands succès: » Louis ! sois l'Apollon du Parnasse français. »
Elle dit : et Louis, à ses ordres docile , Dans sa cour, aux beaux-arts ouvre un brillant asile. Siècle à jamais fameux! où Turenne et Condé, Où Yillars , de Louis ,'^r leurs soins secondé , Exécutaient les plans et guidaient les armées, Fières de ces grands noms , et par eux enflammées; * Tandis que , protecteurs des lois e% de l'État , I^amoignon et Mole présidaient son sénat.
Cependant, et d^Estrée, et Touryille et Duquéne, Ramenant dans ses ports la -victoire incertaine. Guidaient ses pavillons sur les mers triomphants : Bossuet, Montausier, élevaient ses enfants.
Là, hauban , au'compas soumettant le tonnerre. Fortifiait ses camps et ses places de guerre^ Là , Perrault et Mansard bâtissaient ses paiaiâ , Par Puget et Lebrun décorés à grands frais.
Le Nôtre, ici, domptant la nature rebelle.
De sea pompeux jardins dessinait le modèle.
Mais des arts plus touchants s'éveillaient à sa voix : Voyez prés de Louis accourir à la fois La Fontaine ^ Boileau, Quinault et La Bruyère, Fénelon et Corneille, et Bacine et Molière, Qui tous, lui préparant les plus nobles plaisirs,' Éclairaient sa raison , ou charmaieut ses loisirs. De talents immorte quel auguste cortège !
Voyez comme aujourd'hui leur présence protège Ce roi qui les couvrait de sa haute amitié* Oh ! qu'il nous parait grand, quand , marchant appuyc Sur ces hommes fameux qu'il sut mettrç à leur place, Le front resplendissant d'une tranquille audace, Et de tous ces grands noms en triomphe escorté, Ix)ui9 s^ofire aux regards de la postérité !
« Cbêrkooll^.
(65) lequel il a goulé le vrai bonheur. Le guerrier ambitionne la gloire, il affronte les combats^ il brave les périls; mais, s'il avait toujours devant ses yeux l'image de cette mère en pleurs qui le redemande à tout ce qni l'entoure, son courage demeurerait-il inébranlable? Jeune héros, la voix la plus séduisante pour toi est la voix de la gloire , mais la plus douce à ton cœur est celle de la nature.
GÉIBSTE D«