‹ La couronne littéraireChapitre 47 sur 108 · PLAINTES D'IJNE JEUNE ISRAÉLITE · texte numérisé non relu

PLAINTES D'IJNE JEUNE ISRAÉLITE

sua LA DES'AxTCTIOir DE JERUSALEM.

O MES pleurs! ne tarisaez pas.

Mouillez jour et nuit ma paupière.

Soleil, à mes regards dérobe ta lumière.

La fille de Sion , Jérusalem , hélas !

Sous un joug odieux courbe sa tête altiére. O mes pleurs! ne tarissez pas, MouiUez jour et nuit ma paupière.

Gomment du Ghaldéen reçoit^lle les lois,

La cité maîtresse du monde, Qui naguère imposait le tribut à cent rois?

O ma cbére patrie ! 6 Âouleur trop profonde ! Tout Israël captif est sans force et sans voix. Comment a succombé Forgueil de ta puissance?

-Gomment tant de guerriers armés pour ta défenic Lacssent-ils échapper le glaive de leur mam?

Deviez-Yous embrasser une lâche espérance, Goupables habitats des riyes di| Jourdain?

Pourquoi de nos yengeurs enchaîner la vaillance ? L'ennemi, redoutant leurs généreux efforts, Criait : « La paix ! la paix! • Il apporte la mort. Toi, que Dieu remplissait de sa majesté sainte, Temple dont Salomon avait tracé Tenceinte, ll^'airain, le marbre, Tor, qui couvraient tes parvis, Par Findigne vainqueur à mes yeux sont ravis. La pitié n^entre point dans son ame cruelle :j

n frappe et Pépouse et Fépoux; Le débile vieillard, Fenfant à la mamelle.

Le lévite lui-même, expirent sous ses coups.

Déplorable héritier du plus illustre tr<)ne.

L'infortuné >Sédécias,

Conduit esclave à Babylone , Au fond d'un noir cachot va subir le trépas.

Nul ami n^entendra sa plainte et sa prière.

Nul ami n'aura soin de son heure dernière.

O mes pleurs ! ne tarissez pas.

Mouillez (our et nuit ma paupière.

Voilà, voilà le fruit de tes iniquités, Siou! De rÉtemel tu bravas les paroles; Sur Tautel du vrai Dieu tu plaças des idoles;

Tu t'enivras de voluptés.

Ton châtiment est juste ; et le Dieu des batailles , Pour Texemple du iuonde, a brisé tes remparts ;

Tes ennemis de toutes parts

Accourent à tes funérailles.

Sion trahit son Dieu : Dieu punit les ingrats.

S(deil, cache-moi ta lumière.

O mes pleurs ! ne tarissez pas ,

Mouillez jour et nuit ma paupière.

O coteau d'Engaddi! doux sommet du Carmel, Qui versez à grands flots le vin , Thuile et le miel , Je^e reverrai plus vos ombrages propices!

La mail) de Tétranger cueillera vos moissons^

Le sang rougim ces buissons Où les roses d^Éden entr'ouvraient leurs calices. Lieux sacrés, loin de vous on nous enHaine, héiasJ

Soleil , cache-moi ta lumière.

O mes pleurs! ne tarissez pas,

Mouillez jour et nuit ma paupière.

Cependant Dieu Va dit (il n'a jamais trompé) : Juda, qu'en ce moment sa colère humilie.

Des fers de sou vainqueur quelque jour échappé. Verra de Salomon la cité rétablie.

Mais sous un autre ciel on nous entraîne , hélas!

Soleil , cache-moi ta lumière.

O mes pleurs! ne tarissez pas,

Mouillez jour et nuit ma paupière.

M*"* DuFKÉlfOT.

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