‹ La couronne littéraireChapitre 48 sur 108 · SAINTE AGNÈS, VIERGE ET MARTYRE · texte numérisé non relu

SAINTE AGNÈS, VIERGE ET MARTYRE

lU ne sont pins, ces temps où \s^ religion comptait tant d'enfants zélés ^ toujours prêts à combattre et à mourir pour elle ! Autrefois que les lois la persécutaient , elle trouvait de nombreux défenseurs ; aujourd'hui que tout la protège^ les liommes paraissent s'en détacher.

Sur qui nos yeux s'arrêter ont-ils entre cette foule de héros chrétiens qui^ dans le chemin de la gloire > se disputaient la palme du martyre? Est-ce sûr ces austères et vénérables'^anachorètes , dont le jeûne et la pénitence ont a^ibli les passions? est-ce sur ce vieillard que le malheur a abattu , et qui n'a plus de jouissance à espérer dans la vie? Nod y c'est sur une jeune vierge dont la beauté attire les regards, et dont la niodestie sait toucher tous les cœurs. Dès Tâge le plus tendre elle a connu les douceurs de la religion; sa bouche ne s'est ouverte que pour bénir le Seigùeur , que pour l'invoquer; son ame pure ne s'est occupée que des choses célestes. On persécute sa religion, ses parents; mais, si jeune et si belle, comment pourra- 1- elle consentir à mourir? De jeunes patriciens, épris de ses attraits, prétendent à sa main; elle dédaigne leurs richesses, elle ne veut contracter d'union qu'avec son Dieu : c'est lui seul aaquel elle consacre sa vie, puisque c'est lui seul qu'elle porte dans son cœur. Le croirait-on? Ceux qui l'avaient recherchée, irrités de ses refus, vont l'accuser devant les juges : on la déclare chrétienne , et la religion devient son crime.

Agnès comparait devant le tribunal; elle n'a pour se défendre que les armes de l'innocence ; sa beauté

(8a) émeut ses accusateurs : on l'engage à renoncer à sa foiy lui fesant voir qu'elle lut vaudrait la mort; on lui montre le bonheur lui souriant avec l'abjuration de son culte. Mais Agnès, dont la belle ame ne se laissait point séduire par les paroles de la flatterie ^ Agnès, forte par l'esprit divin, répond avec fermeté qu'elle aime mieux mourir que de sacrifier aux idoles; en vain elle voit les tourments, les supplices qui l'attendent; son courage demeure inébranlable. Qui pourrait la détourner de la résolution qu'elle a prise? Le ciel lui est ouvert, un Dieu l'attend, et lui promet un bonheur sans fin; la vie n'est plus pour elle qu'une barrière qui la sépare de sa patrie , de celle des élus; sa beauté n'est qu'jin ornement frivole dont elle se dépouille sans regret. On la charge de fers; elle les bénit. Dans la vue de plaire à son Dieu, les plus horribles tourments deviennent ses plas douces] jouissances. Enfin elle succombe sons les' coups de ses bourfeaux à l'âge de treize ans, riche de pudeur, d'innocence et de modestie.

Ses derniers moments furent pour elle l'espérance du bonheur; le sourire était empreint sur ses lèvres, et la sérénité de son regard annonçait celle de son ame, qui déjà prenait son essor pour s'exhaler vers 1^ ci eux.

M"* Élisa m.

LE SOUTAÎBË.

Sur le sommet de ce coteau^ Aux ioors de la cheyalerîe , CXi raconte qu^im Tieux château Dominait au loin la prairie.

Qaatre cents ans ikfut l'eBTroi Et le tyran de la contrée y Sa tour antique, délabrée.

Du temps enfin subit la loi.

Sur ses raines un autre âge Vit s^éleyer, à peu de frais, Un sipiple et modeste ermitage, Ombragé de ^elques cjrpré^.

C'est là quW sage anachorète Adorait Dieu dW cœur feryent.

Des villageois venaient souvent Le consulter dans sa retraite.

Chéri de tous , ses soins pieux Savaient cons Aor leur 80u£Prance ; Ils bénissaient son assistance, ' Et s'en retournaient plus heureux.

Ainsi vécut le solitaire , S'applaudissant de son destin | Et vers les cieux chaque matin Montait sa voix octogénaire.

Un jour, 6 regrets superflus !

La nuit fujrait devant Paurore^ Caché sous les rameaux touffus , Le rossignol chantait encore ; Le saint vieillard ne chanta plus.

Delcroix.

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