‹ La couronne littéraireChapitre 49 sur 108 · LA VALLÉE DE CAMPAN · texte numérisé non relu

LA VALLÉE DE CAMPAN

Deux vallons , dont le premier descend du Tour- Malet, et l'autre des montagnes de la vallée d'Aure, se perdent au bourg de Sainte-Marie , dans la vallée de Gampan. Chacun de civ vallons y apporte le tribut de son torrent; et l'Adour, formé de leurs eaux confondues, après avoir baigné les riches prairies de cette vallée, rencontrant à Bagnères les plaines du Bigorre, comme charmé des contrées qu'il abandonne et de celles qu'il va parcourir, semble lutter, par ses longs circuits, contre la commune destinée des fleuves, lorsque, rencontrant le Gave à Bayonpe, né à côté de lui, il s'engloutit avec lui dans les gouffres de l'Océan.

Je ne peindrai point cette belle vallée qui le voit naître , cette vallée si connue, si célébrée , si digne de l'être; ces maisons si jolies et si propres, chacune entourée de sa prairie, accompagnée de son jardin, ombragée de sa touffe d'arbres; les méandres de l'Adour^ plus vif qu'impétueux ^ impatient de ses rives, mais en respëctanif la verdure; les molles inflexions du sol, onde comme les vagues qui se balancent sous un vent doux et léger; la gaité des troupeaux et la richesse du berger; ces bourgs opul^ts , formés comme fortuitement là où les habitations répandues dans la vallée ont redoublé de proximité. Bagnères, ce lieu charmant où le plaisir a ses autels à côté de ceux d'Esculape , et veut être de moitié dans ses miracles; séjour délicieux, placé entre les champs de Bigorre et les prairies de Gimpan^ comme entre la richesse et le bonheur; ce cadre enfin ^ digne de la magnrficence du t^leau;

185) cette Hère enceinte où la nature oppose le sauvage au champêtre; ces cavernes, ces cascades, visitées par tout ce que la France a de plus aimable et de pltfs illustre ; ces roches trop verticales peut étre^ dont l'aridilë contraste avec la parure de ces heureases vallées ; ce pfc du Midi , suspendu sur leurs tranquilles retraites, comme Tépée du tyran sur la tête deDamoclès.*. Menaçants boulevards, qui me font trembler pour l'Elysée qu'ils renferment.

B.A1IOIID.

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