‹ La couronne littéraireChapitre 50 sur 108 · ADIEUX DU PROSCRIT A CEUX QUI LUI ONT DONNÉ L'HOSPITALITÉ · texte numérisé non relu

ADIEUX DU PROSCRIT A CEUX QUI LUI ONT DONNÉ L'HOSPITALITÉ

Recevez mes adieux, vous dont la main amie

Senia de quelques fleurs les cliagrins de ma yie ;

Que vos cœurs soient heureux des heureux qu'ilsont faits,

Et que le Dieu des champs tous rende vos bienfaits ;

Qu'il vous laisse ignorer , sous votre toit tranquille,

Le chagrin qu'on éprouve à quitter son asile.

Ah ! jouissez long-temps , dans cet heureux séjour ,

Du ciel qui vous sourit dans ses regards tl^amour^

Que l'automne, étalant son éclat» ses richesses,

Du printemps envers vous acquitte les promesses ^

Que Flore, dans vos champs, conservant ses couleurs,

Four les jours des frimas vous garde quelques fleurs;

Et que l'été, surtout, écarte ses orages

Des trésors dont Cérés a couvert vos rivages^

Sous vos bosquets riants, sous leurs ombrages fraL^ ,

Retenez l'amitié , F innocence et la paix ;

Loin de l'œil des méchants, des clameurs du vulgaire.

Aimez, vivez heureux, et que le sort prospère ,

De vos jdus doux penchants resserrant les liens;

Ajoute à yos plaisirs ce qu'il re&anche aux miens.

MlGHADD.

DE LA POBfPÉ DANS LES CÉRÉadONIES REUGlETTSES.

Un argument qu'on a souvent reproduit contre la religion catholique , c'est que ses églises étaient trop ornées y ses cérémonies trop imposantes; en un mot, queH:e culte parlait aux sens de l'homme et captivait trop son imagination. Et pourquoi la religion n'en appellerait-elle pas à toutes nos facultés pour npus élever jusqu'à notre Créateur? L'imagination n'est-elle pas un des plus beaux doiks que Dieu nous ait. faits? C'est par elle que nous pénétrons jusqu'à l'inconnu ; elle aide notre esprit dans ses plus hautes conceptions; elle nous transporte au-delà du monde sur ses ailes rapides , et souvent elle nous révèle les mystères qui échappent à nos sens. Pourquoi donc étouffer cette puissance que Dieu a mise en nous, peut-être pour que nous puissions pressentir dès cette vie la félicité qui nous attend au-delà? Lés rêves heureux de l'imagination seront-ils toujours des rêves?

Les sens n'ont-ils pas aussi été donnés à l'homme par le Tout-Puissant pour lui servir de guides, et transmettre à son esprit les impressions qu'ils reçoivent? Lorsque notre cœur s'émeut à la vue d'un malheureux, lorsque nos yeux se remplissent de larmes en écoutant les chants austères qui commandent au chrétien le repentir, et qui lui promettent le ciel pour récompense; quand enfin notre ame s'exalte et s'attendrit au récit d'une b^le action ou d'«n grand sacrifice^ ne sont-ce pas nos sens qui éveillent en nous ces diverses émotions 7 Dieu n'a pas dédaigné de ravir no5 yeux par les brillantes

merveilles qu'il a imultipliées autour de nous. Il a créé des sons ravissants pour charmer nos oreilles : c'est la voix mélodieuse du rossignol dans le silence de la nuit, la brise légère qui murmure doucement dans le feuillage, le bruit de r«eau qui s'agite en courant ; il n'est pas jusqu'au vent d'orage qui balaie la plaine et traverse la forêt en grondant ^ qui n'ait du charme pour les oreilles humaines. Les flears les plus brillantes semblent échappées de la main du Créateur pour réjouir l'homme et l'entourer de parfums délicieux. Il a placé dans les déserts arides de l'Afrique des sources d'eau vive .contenues dans une plante, afin que le vojageur p&t y étancher sa soif brûlante. Aùmilieu des chaleur» de l'été, il fait naître des fruits rafraîchissants. Tous ces bienfaits sont destinés aux jouissancea de nos sens. Dieu n'a pas dédaigné de les prendre pour interprètes de sa puissance' et de sa bonté. Il leur a dit : a Racontez au cœur de l'homme ce que j'ai fatit pour lui , afin que «chaque jour il m'adore et me bénisse. » Et nous bannirions de son culte ce qui peut émouvoir notre imagination ! Non , non 5 que notre rdigion conserve sa pompe imposante'^et royale ! que le génie de Thomme célèbre dignement' son Créateur! que les hymnes saints retentissent^ et que ceux qui redoutent l'influence de ce qu'ils appellent des prestiges séducteurs, Viennent se prosterner avec nous au pied des saints autels ; bientôt , entourés d'émotions augustes et profondes^ Us ne pourront se défendre d'un pieux attendrisseiment : des pleurs de joie couleront» de leurs yeux : « Oui , B'écrieront-îls,^ce lieu est bien la maison du Seigneur; il y règne dans toute sa gloire, dans toute sa majesté; il pénètre les âmes, il les attire à loi ; il rem-

plit 'tout Tutiivers : mais c'est ici qu'il se révèle aa

cœur de l'homme ! »

M"* Sw. Bellog.

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