LES QUATRE SAISONS
LE PRINTEMPS
L'ame de la nature, l'aimable déesse du Printemps^ a rompu les chaînes qui la retenaient captive ; balancée sur Taile des Zéphirs, elle descend du haut des ci eux épurés par son hialeine et réjouis de sa présence. Une vapeur légère , émanée d'elle , et comme imprégnée de verdure , décèle sa trace vivifiante; sa taille efface celle de la messagère des dieux; ses traits , ceux de la plus jeune des Grâces : l'éclat de la rose nouvellement épanouie le cède à celui de son teint. Un des replis de son voile sert d'asile à un nid de fauvettes; la mère y couve les précieux fruits de ses amoui*s , retenus encore dans leur faible prison. La fille de Vénus s'écoute préluder avec complaisance; elle incline sa belle tête, où mille fleurs variées s'épanouissent et se renou« vellent sans cesse ; elles lui tiennent lieu de tresses ondoyantes; elles ^forment seules son diadème et sa coiffure. Ici le narcisse majestueux, la renoncule, l'anémone et la tolipe orgueilleuse rivalisent de magnificence et se disputent le prix de la beauté; là, l'hùmblé violette et la flexible hyacinthe brillent d'un plus doux éclat, et rehaussent, par le suave mélange de leurs teintes azurées , la pourpre et Tor de la rose naissante. De volages papillons , des essaims bourdonnants, s'enivrent des parfums qu'exhalentleurs calices. La jeune déesse, à la: vue des prodiges qu'elle-même a opéras, sent une joie secrète inonder son cœur. Le sourire du bonheur siège sur ses lèvres vermeilles; mais son but est atteint : tout