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jouit , tout est henreàx par ses bienfaits , et la face de la nature est renouvelée.
l'été.
Le brûlant fils da soleil , le radieux Été règne k son tour : 5esr4|Érds majestueux et doux s'abaissent vers la terre; il vient perfectionner l'ouvrage du Printemps. Sa tête et sa poitrine robuste , siège des principes ignés, en lancent de tous côtés les émanations; des jets de. flammes forment sa brillante chevelure. D'une main, il retient près de lui le Sirius , qui souiïle de ses naseaux ses exhalaisons ma<^ lignes; de l'autre , il verse abondamment l'ume des eaux fécondantes. Du mélange des deux principes , le chaud et l'humide , il compose les nuages orageux; il les foule de son pied puissant, et les abaisse ^ vers la terre. La foudre et la grêle s'en échappent, et avec elles la pluie bienfesante , dont la douce fraîcheur pénètre et réjouit le sein de la terre altéréOi Mais l'orage est près de se dissiper; déjà, dans ime région presque dégagée de vapeurs, brille à l'œil consolé l'éclatante écharpe d'Iris. Le vêtement de l'Eté se peint de la verdure la plus vive : le lézard européen, à demi caché sous ses replis obs* curs, s'y tapit, et là, comme à l'ombre d'un épais buisson , il brave impunément les feux du jour. Plus loin, la cigale imprévoyante voltige et s'épuise «en frivoles chansons , tandis que la fourmi laborieuse garnit en silence ses magasins. A l'autre extrémité du manteau, un reptile dangeretix des contrées sou^ mises au joug du brûlant équateur déploie fièrfimeot Ses opbes redoublés^ et dressant sat tête audacieuso vers ceUe du dieu, il setnble^umer aux rayons desa
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chevelure le noir veoiD dont il se^ônfle et les cou« leurs variées de son armure ëtiatelante. Cependant rÉté bienfesant a produit son effet : du sein de ce riche vêtement qui le couvre, il laisse échapper libéralement les moissons dorées, donce récompense doat il paie avec itsure les raears du iaboareur iafatigable. *
L^AITTOMirX»
PE&soNirtFiiE sous les traits d'une dette, le riche Automne vient enfin accomplir les promesses du Printemps ; la déesse incline son visage vermeil , et, soumnt k la terre* ^ qu'elle regarde^vec une complaisance materaelle , elle partage la joie et le bonheur qu'elle lui procure ; et , de sa main droite, elle secoue sa chevelure dorée , d'où s'échappe une pluie intarissable de mille fruits divers ; de la gauche , elle presse avec amour sa mamelle féconde, et en fait jiûllir une liqueur douce et vermeille, dont les heureux enfants de Cybèle seront bientôt abreuvés. Son vêtement se colore du vert brillant del'Ëté, où s'entrenaêlent cependant quelques-unes des teintes flétries dont l'Hiver, qui doit lui succéder bientôt, vient attrister la nature. Une écharpe légère, doot la couleur rappelle la tendre verdure du Printemps, entoure aes reins et is^ balance mollement , gonflée par ks Zéphyrs , Image allégorique de la- seconde sève de l'année, qui paraît braver les approches de UHivei:^ «t faire un dernier effort pour se soustraire à: sa puissance. De ses pteds nus ^ colorés du ver- Buiion. dés roses, er qu'un léger brouillard enyi'* ronne , dl?le foule* la pourpre et l'or des saisint. Cette fiUduenfesMie de l'É^é prépare 'ainsi elk^méme
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la liqueiir de SaechuSj ce baame talulaire qui chariue les soucis des mortels» et dont la chaleur pénétrante ^orutieat et viviâe leurs forces épuisées» Outreces doos, T Au tourne procure eocore à l'homme avide de jouÎHtnces les richesses et les plaisirs de la chasse. C'est en vaia que la perdrix et le Uèyre ti? mides cherchent à éluder, sous les plis de sa robe, les poursuites de leur agile eniiemi : bientôt y hors d'état de fuir, ils deviendront la proie du chKpsffur,
l'hivxr.
L'Hiver paraît le dernier et vient fermer le cer* cle de l'année; il renverse à ses piefls le flambeau d'où émane la chaleur créatrice, et en comprime les feux sans les éteindre. De l'urne de bronze qu'il tient sous son bras il laisse éçha^^r le& tré^rs de la gelée, çt presse du pied les flocons amoncelés de la neige étincelante. Bientôt ils se divisent , se répandent en tournoyant sur la terre affligée, et l'enveloppent d'un immense vêtement de deuil. Des oiseaux aquatiques fendent d'un vol rapide l'atmosphère glaciale. Le tyran de l'année est velu d'un manteau où s'imprime la morne couleur dont il flétrit la végétation. Ce manteau lui sert d'ornement, et lui couvre à peine les épaules* Ses bras robustes , ses cuisses et ses jambes nerveuses et k découvert^ décèlent sa force indomptable. Ses cheveux, sa barbe et ses sourcils , senciblables aux pics de^ glaces éternelles des Alpes oii des Pyrénées^ hérissent son aspect farouche. Les brouillards et les noirs orages s'engendrent de sa tête menaçante ; ils siègent sur son front tristement baissé vers la - terre , qu'il glace de ses sombres regards. Une couronne
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de bfâDches mortes, monumeot de son ttiolntphê sur rÉtë, ceint sa tête; quelques feuilles desséchées j tieiment encore; d'autres s'en détachent, et vont k ses pieds joncher la neîge. Mais les lois puissantes de la Nature ne permetten t point à l'Hiver d'outrager toutes ses productions; il les respecte encore, et pour preuve de son obéissance aux immuables volontés de la déesse , il a joint à son lugubre diadème quelqpes tiges de ces arbres toujours verdoyants ^ dont il accroît et rehausse encore pour lui plaire la sombre et majestueuse beauté.
GiRODET*