LA NATURE
Qu'elle est sublime et majestueuse cette nature vivante! comme elle brille, au printemps, de grâce et de fécondité! qu'elle est pompeuse dans ses jours de gloire^ lorsque, s'éveillant aux regards de son époux, les ombr^ du matip s'enfuient^ et les premiers feux de l'aurore étincellent dans l'Orient! Les arbyes des forêts, soulevant leurs branches avec joie vers le Père de la lumière, semblent vouloir embrasser les cieux,êtles moissons roulent, en murmurant , leurs flots d'or sous la chaude haleine du Midi. Dans le creux d'une. roche solitaire, la coloTobe soupire sur son lit nuptial; la fauvette har-
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monieuse, perchée sur la fleur des buissons, chante l'hymne du matin ^ et le dioucas, semblable au berger de la montagne^ élève de temps eu temps sa voix rustique. On voit des loutres , sortant des joncs d'un lac , apporter du poisson à leur jeune famille ; et le chamois léger suçant à sgn gr/é la fraise des Alpes et le fruit de la ronce. Dans la prairie , des narcisses se penchent près des sources d'eaux vives; des renoncules et des roseaux , enfant des nymphes de la fontaipe, marient leurs tiges firaternelles ; une eau limpide tombe , en gémissant , d'un sommet , d'un rocher, se brise en gros bouillons pleins d'é? cume, et, s'enfuyaùt au travers de la plaine, vien( s'endormir à l'ombre mélancolique des saules.
ViBir.