‹ La couronne littéraireChapitre 72 sur 108 · SITR L'IMMORTALITÉ DE L'AME · texte numérisé non relu

SITR L'IMMORTALITÉ DE L'AME

KÉnuiRE l'homme à son corps ^ c'est le réduire à ses sens. Il résulte de cette idée que la brute devrait avoir une intelligence supérieure à la nôtre; car les sens d'un grand nombre d'animaux sont plus parfaits que ceux de l'homme. Cette seule objection détrait le système des matérialistes. Touf ne dépend donc fÀs des sens, puisque ceux des animaux ne les placent point aurdessus de nous; e^si tout ne dépend pas des sens, il y a donc quelque chose dans ^'homme qui n'appartient ni aux sens ni à la matière. Qu'il est sublime l'être qui, au milieu des images de la destruction , sans puissance pour en arrêter les effe:s, instrument de destruction lui-

même , devine son éternité, et élève jusqu'au ciel une pensée qui ne doit pas mourir I

Ah! cette pensée est empreinte sur le front de l'homme ! Son aspect a quelque chose d'imposant , de sublime , qui parle de son avenir. Ce n'est point une machine organisée seulement pour la mort , qui peut aimer avec tant de passion, créer avec tant de génie, commander avec tant de* puissance! sa vieillesse même annonce que le ciel l'attend^ c'est près de sa tombe qu'il laisse entrevoir toute sa grandeur , et que se dévoilent toutes ses vertus. Il semble que la présence d'un vieillard ne nous pénètte d'une si profonde émotion , d'un respect si religieux , que parce que notre conscience nous apprend que plus il s'éloigne^le nous ^ plus il s'approche de l'immortalité.

Aime Maatin.

L'EUTFANT HEUREUX.

lÉLéGIE.

TJir ange aux plumes argentées, Au cbevet d'un berceau qu'ombrageaient à demi Ses ailes dans les airs mollement agitées , Planait d'un yol léger sur Peufant endormi»

L'immortel , ijicliné vers la douce figure Où brUlait un sourire et ii'amour et de paix ,

Comme au miroir'd'une onde pure.

Croyait voir son image et contempler ses traits* De cette illusion entretenant Firresse , Vers la ooucbe tranquille il approcne, il se bais^. Oh! combien ce sommeil lui parait gracieux! '

Le pur souffle écbappé de aça lèvres de rose

Respire le calme des cieux.

Sur ce £ront*argenté l'innocence repose.

Et son édat, en cercle radieux ,

-Sentie briller autour de ses boucles flottantes ,

Dont l'or, en ondoyants replis,

Yoiie deux mains éblouissantes , Jointes paisiblement sur un beau sein de li».

^immortel souriait à cette aimable image.

Soudain son front pensif s'est voilé d'un nuage; U détourne les yeux et pousse un long soupir.

Déjà des jours à venir

U avait entrevu Forage Qui fait ployer le cbéne et brise Fbumble fleur; ^ Il entendait siffler la flécbe du malheur , ^

La flèche au vol mortel, qu'inutile défense, I^'écartent la justice , hélas ! ni l'innocence. Ces yeux clos doucement allaient s'ouvrir aux pleurs f

Ce sein paisible et pur qu'à peine Agite en s'exbaknt une légère baleinef Devait être brisé sous le poids des douleurs. L'esprit céleste, ému d'une sainte tristesse. Consulte, l'œil aux cieux, Fétemelle Sagesse; Le Tout-Puissant fait signe, et, d'un facile efibrt. Soulevant dans ses bras l'innocent qui sommeille. Il presse sa paupidlre et sa lèvre vermeille : « Sois heureux » , lui dit<>il; et l'enfant était mort! .

Charles Lotsov.

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