LE PETIT SAVOYARD A PARIS
J'ai faim : vous qui passez, daignez me secourir. Voyez :1a neige tombe, et la terre est glacée. Tai froid : le yent se lève et Fheure est aTancée, Et je n'ai rien pour me couyrir.
Tandis qu'en vos palais tout flatte votre envie. Amenons sur le seuil, j Y pleure bien souvent.
Donnez : peu me suiEtj )e ne suis qu'un enfant ^ Un petit sou me rend la 7ie«
On m'a dit qu^à Paris ]e trouverais du pain; Plusieurs ont raconté dans nos forêts lointaines Qu'ici le riche aidait le pauvre dans ses peines. Hé bien! moi, je suis pauvre, et je yous tends la mais.
Faites-moi gagner mon salaire; .
Où me fautr-il couiir? bites? j'y volerai.
Ma yoisL tremble de froid; bé bien! je chantierai,
Si mes chansons peuvent vous plaire.
Il ne m'écoute pas^ il fuit; *
U court dans une fête (et j'en entends le bruit)
Finir son heureuse journée, Et moi je vais chercher, pour y passer la nuit.
Cette guérite abandonnée.
Au foyer paternel qnàâd ponrrairje m'asseoîr?
Rendez-moi ma pauvre chaumière , Le laitage durci qu'on partageait le soir, £t, quand la nuit tombait, l'heure de la prière. Qui ne s'achevait pas sans laisser quelque espoir.
Bfa mère, tu m'as dit quand j'ai fui ta demeure : « Pars^ grandis et prospère, et reviens prés de moi. » Hélas! et, toçt petit, faudra-t-il que je meure Sans avoir rien gagné pour toi?
Non, l'on ne meurt point à mon âge; Quelque chose me dit de reprendre courage...
£h! que sert d'espérer?... que puis- je attendre, enfin? J'ajais une marmotte , elle est morte de faim !
£t faible, sur la terre il reposait sa tête, £t la neige , en tombant, le couvrait à demi , lorsqu'une douce voix , k travers la tempête^ Vint réveiller l'enfant par le froid endormi.
ft Qu'il tienne à nous celui qui pleuré, Disait la voix mêlée au murmiire des yents^ L'heure du péril est notre heure :
Les orphelins sont nos enfants. »
Et deux femmes en deuil recueillaient sa misère* Lui , docile et confus, se levait à leur voix; Il s'étonnait -d^abord; mais il vit dans leurs doigts Briller Ia*crQix d'argent an bout du long rosaire; Et l'enfant les suivit en se signant deux fois.
LE DÉPART 0tJN MlUTAIRE.
Le soleil était sur son' dëclin , l'air du soir commençait à rafraîchir la nature encore échauffée par l'ardeur de Ttfttre du jour ; mes parents étaient rassemblés dans notre chaumière, déjà prélsàgoàter un repos bienfesant, lorsque JQ m'échappe de leur présence pour aller penser k mon aise au triste avenir qui se présente à moi. Je me pramenais silencieusement dans notre jardin • ce jardin où je portais peut-être mes pas pour la dernière fois. Hélas! je pensais à mon triste départ. Oui, demain j'allais quitter mes parents , mes amis , et cette pauvre chaumière qui m'avait vu naître et qui avait été témoin de mes plus douces jouissances. Ah! me disais-je , c'est ici que j'ai appris à goûter le bonheur, c'est ici que la tendresse de mes parents me dédommagea de .l'inconstance de là fortune, et c'est ici qu'il faut que j'apprenne à connaître le malheur! Je vais donc vous quitter, ô lieux chéris de mon enfance! mais c'est p6ur vous défendre; oui, c'est pour l'honneur, c'est pour mes parents que je vais exposer ma vie. Amour de la patrie! tu
( i39 ) embraseras mon cœtu^ lu me feras surmonter cette faiblesse qui s'empare si facilement de l'esprit de l'homme, et que j'ai conservée de mon enfance^ tu m'animeras d'un zèle divin ^ tu me feras combattre pour ce sol heureux... Mais... pourras-tu me faire oublier que je suis fils et l'unique soutien de ma famille ? Si je succombe^ hélas ! que deviendra-^-elle ? Ma mère, déjà altérée par la fatigue, me suivra de près dans la tombe. Mais non; elle sera heureuse, elle se glorifiera d'avoir donné un brave défenseur à la patrie; elle ne verra dans mon trépas qu'une couronne delauriersdécernéeàmon courage. Oui, je combattrai et mourrai content. Telles étaient les idées auxquelles mon esprit se livrait; Des larmes j près de s'échapper de mes paupières , étaient retenues par cette pensée : Un soldat doit-il pleurer quand Û vole au combat? Je passais ainsi une partie de la nuit agité par mille idées différentes* £nfin> k la pointe du jour, je me retire de mon ateoupisse-* ment. L'instant fatal approchait. Je me rends à la chaumière : c'est ici que la scène terribles des adieifx allait déchirer mon cœur*. A peine ai-je ouvert la porte de ma chambre que la première personne qui frappe mes regards, c'est ma mère à genoux, tenant mon portrait appuyé sur ses lèvres. « Grand Dieu! disait-elle, conserve nron enfant; sois son guide; ne l'abandonne pas, ne m'enlève pas ce trésor que tu m'as donné! O mon Dieu! écoute la voix d'une mère, exauce sa prière!» A cet aspect, je reste imihobile, mes jambes ne peuvent me soutenir; devais-je l'interrompre ou partager son chagrin? Cependant je dissimule mon trouble, je tâche de retrouver mes 'forces; ma mère me voit, se relève; je me jette dans ses bras, et tous deux nous gardions
le plus profond silence, interrompu seulement par ses sanglots étouffés^ O le plus doux et le plus déchirant moment de ma Vie, où je voyais cette mère si tendre donner un libre cours à toute son affliction , et où le nom de fils semblait être une consolation
dans son malheur ! 6e fut alors que toutes ces réso-^ Jutions que j'avais prises de ne point me laisser abattre par la douleur furent dissipées : je ne voyais que ma mère, je n'entendais que ses pleurs. Ah! qu'il m'en coûta de ne point pleurer avec elle, et à me livrer *tout entier au chagrin qui me dévorait. Enfin, je romps le silence, je console ma mère, et j'entre avec elle dans la petite chambre de mon père; je le trouve occupé de son fils : il apprêtait toutes mes affaires pour m'en épargner la peine; il pensait que je serais trop affligé pour pouvoir vaquer tranquillement à tout ce qui m.e rappelait mon départ : il n'avait que trop bien deviné. Enfin, l'instant est arri^vé : je quitte, j'embrasse pour la dernière fois ce père , cette mère adorés. Hélas ! quelle puissance surnaturelle soutint mes force» chancelantes ! je fus encore une fois pressé sur leur cœur, et, recevant'leur bénédiclion, je partis, me retournant à chaque instant pour regarder l'humble toit où respire tout ce que j'ai de plus cher au ^onde; mais bientôt ma vue ne l'aperçoit plus : c'en est fait ; je m'efforce alors à ne plus respirer que l'amour'de la patrie, et je vole combattre pour elle avec tous ceux qu'un noble dévouement var me donner pour compagnons.
M"* Alphonswe L...*
LE PRINTEMPS
AviiiL a réveillé Faurore paresseuse ,
Et les enfants du Nor49 dans leur fuite orageuse.
Sur la cime des. monts ont porté leurs frimats.
Le beau soleil de mai , leyé sur nos climats ,
Féconde les sillons, rajeunit les bocages.
Et de lliiver oisif affrancbit ces rivages.
1a sève , jempi'isbnnée en ses étroits canaux,
SVléve, se déploie, et s'allonge en rameaux*
La colline a reprb sa robe d& verdure :
Vj cberche le ruisseau dont^^entends le murmure.
Dans ces buissons épais, sous ces arbres touffus,
J'écoute les oiseaux , mais ye ne les vois plus.
Des pâles peupliers la famille nombrense ,
Le sanl/e, ami de Ponde, et la ronce épineuse,
Croissent au bord des ondes leurs feuillages naissants j
Le serpolet fleurit sur les moûts odorants;
L'or brillant du genêt couvre Vbumble bruyère i'
Le .pavot, dans les champs, lève sa tête altiére;
L'épi, cher à Cérès, sur sa tige élancé.
Cache l'or des moissons daus son sein hérissé»
£t l'aimable espérance, à la terre rendue.
Sur un trdne de fleurs du ciel est descendue.
MicniLo.
LES ALLUVIONS
Les eaux qui tombent sur les crêtes et les somjnejts des montagnes , ou les vapeurs qui s'y condensent , ou les neiges qui s'y liquéfient , descendent par une infinité de filets le long de leurs pentes ; elles en enlèvent quelques parcelles, et y marquent leur passage par des sillons légers. Bientôt cesfileis se réunissent dans les creux plus marqués dont la surface des montagnes est labourée; ils s'écoulent par
le plus profond silence, interrompu seulement par ses sanglots étouffés^ O le plus doux et le plus déchirant moment de ma Vie, où je voyais cette mère si tendre donner un libre cours à toute son affliction, et où le nom de fils semblait être une consolation dans son malheur ! 6e fut alors que toutes ces rëso-^ Jutions que j'avais prises de ne point me laisser abattre par la douleur furent dissipées : je ne voyais que ma mère, je n'entendais que ses pleurs. Ah! qu'il m'en coûta de ne point pleurer avec elle , et à me livrer 'tout entier au chagrin qui me dévorait. Enfin, je romps le silence, je console ma mère, et j'entre avec elle dans la petite chambre de mon père; je le trouve occupé de son fils : il apprêtait toutes mes affaires pour m'en épargner la peine; il pensait que je serais trop affligé pour pouvoir vaquer tranquillement à tout ce qui m.e rappelait mon départ : il n'avait que trop bien deviné. Enfin, l'instant est arrivé : je quitte, j'embrasse pour la dernière fois ce père, cette mère adorés. Hélas! quelle puissance surnaturelle soutint mes forces chancelantes ! je fus encore une fois pressé sur leur cœur^ et, recevan trieur bénédiclion, je partis, me retournant à chaque instant pour regarder l'humble toit où respire tout ce que j'ai de plus cher au jmonde; mais bientôt ma vue ne l'aperçoit plus : c'en est fait ; je m'efforce alors à ne plus respirer que l'amour de la patrie, et je vole combattre pour elle avec tous ceux qu'un noble dévouement var me donner pour compagnons.
M"* AlphonsweL...*
( Ut )
LE PRINTEMPS
ArniL a réveillé Paurore paresseuse ,
£t les enfants du Norc}* dans leur fuite orageuse.
Sur la cime des. monts ont porté leurs frimats.
Le beau soleil de mai, leyé sur nos climats.
Féconde les sillons , rajeunit les bocages ,
Et de lliiver oisif affrancbit ces rivages.
T^a sève , ^emprisonnée en ses étroits canaux^
S^éléve, se déploie , et s^allonige en rameaux»
La colline a reprb sa robe d& verdure :
Vj cbercbe le ruisseau dont-j^entends le murmure.
Dans ces buissons épais, sous ces arbres touffiu,
J'écoute les oiseaux , mais je ne les vois plus.
Des pâles peupliers la famille nombreuse ,
Le s^nlje, ami de Ponde , et la ronce épineuse,
Croissent au bord des ondes leurs feuillages naissants j
Le serpolet fleurit sur les moûts odorants;
L'or brillant du genêt couvre Vbumble bruyère i'
Le .pavot, dans les champs, lève sa tète altiére;
L'épi, cher à Cérès, sur sa tige élancé.
Cache Por des moissons dans son sein hérissé.
Et Paimable espérance, à la terre rendue.
Sur un trdne de fleurs du ciel est descendue.
MicniLo.
LES ALLUVIONS
Les eaux qni tombent sur les crêtes et les sommets des montagnes , ou les vapeurs qui s'y condensent , ou les neiges qui s'y liquéfient , descendent par une infinité de filets le long de leurs pentes; elles en enlèvent quelques parcelles^ et y marquent leur passage par des sillons légers. Bientôt ces filels se réunissent dans fes creux plus marqués dont la surface des montagnes est labourée^ ils s'écoulent par
le plus profond silence, interrompu seulement par ses sanglots éloufféSé O le plus doux et le plus déchirant moment de ma Vie, ou je voyais cette mère si tendre donner un libre cours à toute son affliction , et où le nom de fils semblait être une consolation
dans son malheur ! 6e fut alors que toutes ces rëso-^ Jutions que j'avais prises de ne point me laisser abattre par la douleur furent dissipées : je ne voyais que ma mère, je n'entendais que ses pleurs. Ah! qu'il m'en coûta de ne point pleurer avec elle , et à me livrer *tout entier au chagrin qui me dévorait. Enfin , je romps le silence, je console ma mère, et j'entre avec elle dans la petite chambre de mon père^ je le trouve occupé de son fils : il apprêtait toutes mes affaires pour m'en épargner la peine 5 il pensait que je serais trop affligé pour pouvoir vaquer tranquillement à tout ce qui me rappelait mon départ : il n'avait que trop bien deviné. Enfin, l'instant est arrivé : je quitte, j'embrasse pour la dernière fois ce père , cette mère adorés. Hélas ! quelle puissance surnaturelle soutint mes forces chancelantes ! je fus encore une fois pressé sur leur cœur^ et, recevant^leur bénédiclion, je partis, me retournant à chaque instant pour regarder l'humble toit où respire tout ce que j'ai de plus cher au ^onde; mais bientôt ma vue ne l'aperçoit plus : c'en est fait ^ je m'efforce alors à ne plus respirer que l'amour de la patrie, et je vole combattre pour elle avec tous ceux qu'un noble dévouement var me donner pour compagnons.
M"* Alphonswe L.,.*
LE PWNTEMPS.
AviiiL a réveille Faurore paresseuse ,
Et les enfants du Nor4) dans leur fuite orageuse.
Sur la cime des. monts ont porté leurs frimats.
Le beau soleil de mai, leyé sur nos climats.
Féconde les sillons , rajeunit les bocages ,
£t de lliiyer oisif affrancbit ces rivages.
1a sève , /emprisonnée en ses étroits canaux^
S^éléve, se déploie, et s'allonge en rameaux*
La coUine a repris sa robe d& verdure :
Vj cberche le ruisseau dont^^entends le murmure.
Dans ces buissons épais, sous ces arbres touffus,
J'écoute les oiseaux , mais ye ûe les vois plus.
Des pâles peupliers la famille nombreuse ,
Le saol/e, ami de Ponde, et la ronce épineqse,
Croissent au bord des ondes lenrs feuillages naissants j
Le serpolet fleurit sur les moûts odorants;
L'or brillant du genêt couvre Vbumble bruyère;'
Le .pavot, dans les champs, lève sa tête altiére;
L'épi, cher à Gérés, sur sa tige élancé.
Cache l'or des moissons dans son sein hérissé,
£t l'aimable espérance, à la terre rendue.
Sur un trdne de fleurs du eiel est descendue.
MicniLo.
LES ALLUVIONS
. Les eaux qui tombent sur les crêtes et les sommets des montagnes, ou les vapeurs qui s'y condensent , ou les neiges qui s'y liquéfient , descendent parune infinité de filets le long de leurs pentes; elles en enlèvent quelques parcelles^ et y marquent leur passage par des sillons légers. Bientôt ces filets se réunissejQt dans fes creux plus marqués dont la surface des montagnes est labourée; ils s'écoulent par
le plus profond silence, interrompu seulement par ses sanglots étoufféSé O le plus doux et le plus déchirant moment de ma Vie, ou je voyais cette mère si tendre donner un libre cours à toute son affliction, et où le nom de fils semblait être une consolation
dans son malheur! 6e fut alors que toutes ces rëso^ lutions que j'avais prises de ne point me laisser abattre par la douleur furent dissipées : je ne voyais que ma mère, je n'entendais que ses pleurs. Ah! qu'il m'en coûta de ne point pleurer avec elle , et à me livrer 'tout entier au chagrin qui me dévorait. Enfin , je romps le silence, je console ma mère, et j'entre avec elle dans la petite chambre de mon père; je le trouve occupé de son fils : il apprêtait tontes mes affaires pour m'en épargner la peine ; il pensait que je serais trop affligé pour pouvoir vaquer tranquillement à tout ce qui m.e rappelait mon départ : il n'avait que trop bien deviné. Enfin, l'instant est arrivé : je quitte, j'embrasse pour la dernière fois ce père, cette mère adorés. Hélas! quelle puissance surnaturelle soutint mes forces chancelantes ! je fus encore une fois pressé sur leur cœur^ et, recevant' leur bénédiclion, je partis, me retournant à chaque instant pour regarder l'humble toit où respire tout ce que j'ai de plus cher au jnonde; mais bientôt ma vue ne l'aperçoit plus : c'en est fait ^ je m'efforce alors à ne plus respirer que l'amour de la patrie, et je vole combattre pour elle avec tous ceux qu'un noble dévouement var me donner pour compagnons.
M"* Alphonswe L...*
LE PRINTEMPS
AviiiL a réveiflé Taurore paresseuse,
Et les enfants du Nor4) dans leur fuite orageuse.
Sur la cime des. monts ont porté leurs frimats.
Le beau soleil de mai , leyé sur nos climats.
Féconde les sillons, rajeunit les bocages.
Et de lliiyer oisif affranchit ces rivages.
1a séye , ^emprisonnée en ses étroits canaux,
S^éléve, se déploie, et s'allonge en rameaux»
La coUine aTeprb sa robe d& verdure :
Vj cherche le ruisseau dont^'entends le murmure.
Dans ces buissons épais, sous ces arbres touffus,
J'écoute les oiseaux , mais je ûe les vois plus.
Des pâles peupliers la famille nombreuse ,
Le saulje, ami de Tonde, et la ronce épineuse,
Groisseut au bord des ondes leurs feuillages naissants j
Le serpolet fleurit sur les moûts odorants ;
L'or brillant du genêt couvre Vhumble bruyère;'
1« .pavot, dans les champs, Icye sa tête altiérej
L'épi, cher à Gérés, sur sa tige élancé.
Gâche Vor des moissons daus son sein hérissé «
£t Paimable espérance, à la terre rendue.
Sur un trdne de fleurs du eiel est descendue.
MicniLo.
LES ALLUVIONS
Les eaux qui tombent sur les crêtes et les somjne^s des montagnes , ou les vapeurs qui s'y condensent , ou les neiges qui s'y liquéfient , descendent par une infinité de filets le long de leurs pentes ; elles en enlèvent quelques parcelles^ et y marquent leur passage par des sillons légers. Bientôt ces filets se réunissent dans les creux plus marqués dont la surface des montagnes est labourée; ils s'écoulent par
( i4îi )
le^ vallées profondes qui en entament le pied , et vont former ainsi lêS rivières et les fleuves y qui reportent à la mer les eaux que la mer avait données à l'atmosphère. A la fonte des neiges , où lorsqu'il survient un orage , le volume de ces eaux de montagnes subitement augmenté^ se précipite avec une vitesse proportionnée aux pentes celles vont heurter avec violence le pied de ces croupes de débris qui couvrent les flancs de toutes les hautes vallées; elles entraînent avec elles les fragments déjà arrondis qui les composent ; elles les émoussent , les polissent encore par le frottement; mais leur chute diminue, ou , dans les bassins plus larges ou il leur est permis de s'épandre, elles jettent sur la plage les plas grosses de ces pierres qu'elles roulaient ; les débris plus petits sont déposés plus bas, et il n'arrive guère au grand canal de la rivière que les parcelles les plus menues , ou le limon le plus imperceptible. Souvent même le coars de ces eaux , avant de former le grand fleuve inférieur, est obligé de traverser un lac vaste et profond , où leur limon se dépose, et d'où elles ressortept limpides. Mais les fleuves inférieurs , et tous les ruisseaux qui naissent des montagnes plus basses, ou des collines, produisent aussi, dans les terrains qu'ils parcourent, des efiets plus ou moins analogues à ceux des torrents des hautes montagnes. Lorsqu'ils sont gonflés par de grandes pluies, ils attaquent le pied des collines terreuses ou sableuses qu'ils rencontrent dans dans leur coufs, et en portent les débris sur les terrains bas qu'ils inondent, et que chaque inondation élève d'une quantité quelconque; enfin, lorsque les fleuves arrivent aux grands lacs ou à la mer^ et que cette rapidité qui entraine les parcelles de limon
( i43 ) vient k cesser tout-à-faijt , ces parcelles se déposent • aux côtés de l'embouchure ; ell^s^ finissent par y former des terrains qui prolongent la côte; et si cette côte est telle que la mer y jette de son côté du sable et .a)ntribae à cet accroissement , il se crée ainsi des provinces , des rpyaumes entiers, ordinairement les plus fertiles, et bientôt les plus riches du monde , si les gouvernements laissent Tindustrie ^'y exercer en paix.
CUVITER*
moïse sur le NIL.