L'ÉRUPTION D'UN VOLCAN, BT SES RAVAGES
Tout- A-COUP , au inilieu du silencç de la nuit , QD bruit affreux retentit à leurs oreilles; ils enten- 4ent de loin la mer xnugir et rouler vers le rivage ses ondes amoncelées; les souterrains profonds sont frappés à coups redoublés ; la terre tremble sous leurs pas ; ils courent pleins d'effroi au milieu des ténèbres éps^isses. Une montagne voisine, s'entrW vrani avec effort, lance au plus haut des airs une colonne ardente qui répand au milieu de l'obscurité une lumière rougeâtre et lugubre; des rochers énormes volent de tous côtés ; la foudre éclate et tom&e; une iner de feu, s'avapçant avec rapidité^ inonde les campagnes : k son approche y les forets s'embrasent; la terre n'offre plus que ^'image d'un vaste incendie qu'entretiennent dès amas énormes de matières enÛammées , et qu'animent dçs vents impétueux. Ou fmyez-vous,. mortels infortunés? De quelque côté que v<ius cherchiez un asiie , comment éviterez- vous \k mort qui vous menace ? De nouveaux gouiOfres s'ouvrent sous vos pas ,. cre nouveaux tourbillons de flamme , de pierres , de cendres et de fumée, volent vers vous du sùmm«t desf montagnes , et la mer écumeuse, rougie par Téclat des foudres , surmonte son rivage , et s'avancç pour vous (engloutir.
Cependant ces phénomènes terribles s'apaisent
( 47 ) peu à peu; les feux s'amortissent : la mer ,à demi calmée retire en murmurant ses ondçs bouillonnantes, la terre se raffermit, le bruit cesse, et le jour paraît. Quel triste et lugubre tableau présente la cai^pagne ravagée! Elle n'ofifre ^ua que des . monceaux de cendres , que des rochers énormes eotass^ sans ordre, que des torrents de lave ardente, que des bois qui brûlent encore, que de tristes reste» des infortunés qui ont péri au milieu de ces désas^ très. Un ciel couvert de nuages n'envoie sur tous ces objets lugubres qu'une clarté pâle et terne : «& caln^e sinistre règne dans l'air, des bruits lointaiiM annoncent de nouveaux malheurs , et la mer répond par de sourds gémissements au bruit lugubre que font entendre les profondes cavernes de la terres Consternés, saisis d'effroi , pressés dans le seul eft~ pace où les flammes ne sont pas parvenues, les mains élevées vers le ciel qui seul peut les secourir, le» hommes adressent alors leurs ardentes prières à celui qui commande à la mer et à la foudre; leur prière est courte, mais touchante; ils la recoift» mencént souvent^ et chaque fois avec un ton plus pénétré; ih cherchent en quelque sorte à faire par* venir leurs voix jusqu'à l'être dont ils implorent la clémence ; tous les signes des passions qui les agi* tent, de l'effroi, de la vive inquiétude, de la désolation, se mêlent aux. sons qu'ils profèrent, et qu'ils soutiennent avec effort.