SAINT BENJAMIN
Qui pourrait uepas admirer le courage héroïque de saint Benjamin dans les horribles souffrances qui lui donnèrent la mort? et quelle force d'ame ne fallait-il pas qu'il eût pour supporter sans murnwre , et dans l'intention seule de plaire à son Dieu , les infâmes supplices qu'on lui fesait subir?
Saint Benjamin n'était qu'un simple diacre; il aimait, il pratiquait avec zèle sa religion, dans un temps où elle était en horreur à tous les autres peuples ; et c'est pour elle qu'il s'immola. Sa réponse an roi des Perses n'est-elle pas pleine de justesse et de sens ? Le Roi voulait qu'il abjurât la foi de ses pères , et Benjamin ne lui fait que cette question : < Celui qui renoncerait à votre puissance pour servir un aulie que vous, quelle peine mériterait- il? — La mort! répond le monarque. — Eh bien ! je la inérilerais donc si je méconnaissais mon Dieu pour invoquer le votre. » Le Roi fut confondu , mais non satisfait de ces paroles , et sa vengeance ne tarda pas à éclater. Benjamin fut condamné à souffrir les plus affreux tourments; mais il n'en fut point ébranlé, sa résolution était prise; la foi le soutenait, et l'image du Christ expirant ranimait son ardeur dans les moments où elle était près de s'abattre. La noble dignité de la vertu empreinte sur ses traita , excitait l'étonnement de ses féroces bourreaux ; plus heureux qu'eux , son ame semblait goûter les douceurs de la nouvelle vie que lui promettait la^ récompense de cette longue a^nie dans laquelle il combattait la mort si douloureusement. O douce espérance ! c'est loi qui lui fesais braver ces tourments ; c'était toi
( i49 ) qui lai montrais la palme du martyi^e- qui. allait ombrager son front victorieux. Ta douce voix parlait à son 'cœur 7 et dans les biens, que tu lui promettais, il trouvait la foi qui le soutenait; il cherchait à élever sa belle ame pour la reudre digne du prix qui lui était, destiné. Ainsi mourut ce grand saint, qui jusqu'à ses derniers ntoments conserva la sérénité de la vertu; et son dernier soupir fut une exclamation de joie en voyant s'ouvrir devant lui les portes de la céleste patrie.
M'** Elisa m.