‹ La couronne littéraireChapitre 78 sur 108 · PAUVRE PETIT · texte numérisé non relu

PAUVRE PETIT

Av bas d'iflb montagne de la Savoie vivait une pauvre veuve ; l'espoir seul de revoir un fib dont elle s'était séparée avec toutef'îes marques d'une' vive douleur, semblait Tempécher de mourir. Un mois encore, et elle devait le serrer dans ses bras; sa vue la soulagerait du poids qui l'oppressait; elle pourrait enfin verser des larmes. Son cœur avait été déchiré par le tableau le plus affreux pour l'œil d'une mère; ses trois autres enfants qu'elle aimait avec une égale tendress^ip étaient tombés morts de besoin à ses pieds. On^ }uge des souffrances qui avaient précédé une scène aussi accablante I L'époque si vivement désirée arrive ; la pauvre veuve n'embrasse pas son fils* Chaque aurore la trouve au somimet de la montagne. Là , les yeux fixés sur la route de France, elle ne songe tout le jour qu'à l'être qui la retient à la vie, et ne se* retire que lorsque les ombres de la nuit l'empêchent de voir le sen tier que son fils doit parcourir. Deux mois s'écoulent encore, et chaque soir voit son espérance trompée* Pauvre

mère ! sur le point de Buccomber à la doulear , tu croîs que tes forces égalent ta tendresse ,. tn t'éloignes de ta cabane solitaire et répètes d'une voix presque éteinte : « Panyre petit ! pauvre petit ! je ne puis plus long- temps attendre ton retour, je pars aii*deyant de toi. » Elle dit y et ses pas chancelants se dirigent vers le village prochain.

Cependant son bien-aimé a quitté Paris; il suit le long chemin de France à la Savoie ; il s'arrête souvent y mais c'est pour grossir la somme qu'il porte à sa mère. Il découvre enfin les monts qu'il a gravis tant de fpis y et dont il a gardé si douce souvenance; il redouble sa marche y un son lugubre vient frapper son oreille» Saisi d'un ^ptiment religieux, il entre dans l'église du viln|e qu'il traverse. Un cercaeil est dans ce sanctuaire, l'enfant s'ttgenouille et prie. On porte le corps à son dernier

.âsile< Notre intéressant voyageur suit le modeste convoi ; il jette en tremblant l'eau sacrée sur la

^ ibmbe; une larme s'échappe de ses y^ux; il se retire à regret. En vain Tespéraiice et la joie viennentelles le distraire de cette scène de tristesse, il semble que soa sort soit attaché au lieu qu'il laisse derrière lui. Enfin il interroge ceux qui l'entourent; il s'informe de l'être à qui l'on rend ces derniers devoirs funèbres. C'était sa mère.... Pauvre petit!

♦ M*** Céleste Coville,

Page 1