‹ La couronne littéraireChapitre 79 sur 108 · LES PASSIONS · texte numérisé non relu

LES PASSIONS

VôTons si, se livrant aux penchants de son cœur^ L'homme péht* quelquefois rencontrer le bonheur. Pavais cru le trouver clans cette douce ivresie Qu'offre des passions la fièvre enchanteresse; Mais au fond de mon cœur que d6 ibis le plairir A kussé le dégoût en usant le désir l - Que de fois le remords, sur la couche embaumée. M'a montré toui-à-coup sa tête envenimée!

Et, de son dard cruel mortellement frappé.

Je disais au plaisir : <c Pourquoi m'as*tu trompé ^

LE CHAPÊAtr DE HOSÈa

JsuNE ûïley que ton tort est digne d^eovie ! C'est aujourd'hui que rhymënée doit pour jamais l'assurer le bonheur. Un nouveau charnie se répand sur tout ce qui t'entoure» Déjà l'aurore se lève^ ejL ta mère plus matinale qu'elle^ impatiente de te voir, jalouse d'être la première à obte^'r le baiser du ' matin, vole vers toi 5 elle te serre dans ses bras^ te presse contre son cœur ^ une douce émotion fait couler ses larmes; jamais elle n'a mieux senti qu'elle était mère, et toi tu lui souris | bient^, cependant^ tu vas t'en séparer; d'où vient donc que la joie brille dans tes regards; d'où vient cettie allégresse empreinte sur tes traits ; est-ce la vertu qui t'anime? est-ce elle qui te rend heureuse? Née sous le chaume de parents pauvres , tu te vois destinée à un sort brillant : qui donc t'a pu mériter cet époux qui te chérit et qui t'a recherchée dans ta solitude? Ah ! ta candeur, ton innocence; voilà quelles étaient tes richesses j voilà ce qui t'a assuré son oœur»

La fortune ! eu est^il bespiu pour toi ? sans elle tu as vécu bien loug" temps près do^ auteurs de tes jours; elle vient te trouver et tu la reçois avec plaisir, dans l'intention de faire des heureux.

Mais déjà tQS jeunes compagnes portent leurs pas vers ta demeure; elles viennent s'empresser «de composer ta parure; Tune attache à ton côté un bouquet des fleurs les plus fraîches, l'autre baisse le voile qui doit te cacher quelques instants aux regards de l'amitié, et qui va te permettre d'entrer moins craintive dans le temple du Seigncuv* Ah! toutes te regardent avec attendrissement et forment des vœux pour que tu les quittes sans jamais en concevoir, de funestes regrets. Mais le son des cloches se fait entendre. T\\ trembles, tu^alpites, des larmes sont près de s'éâiapper de tes yeux , ta mère t'embrasse encore, et, triste, te conduit vers ton époux : heureux, il t'admire, ta timidité le touche , ta parure aussi simple que toi le charme, ca^ il ne lui trouve d'autre éclat que celui que ta beauté lui prête.

Tous dans un saint respect s'avancent vers l'autel. INf'est-ce point une illusion? Dans un moment ton sort sera changé, dans un moment aussi tu vas recevoir le prix dû à tes vertus.

L'homme de Dieu ne craint point de flatter ton orgueil en fesant ton éloge; de sa main tu reçois le chapeau de roses, c'est-à-dire qu'il t'accorde, quoique sans fortune, la dot la plus belle que tu puisses envier , cell^ d'être proclamée la plus sage de ton hameau. Ah! qu'à son disdours tu te sens émue! jamais tu n'as été si heureuse; tu n'oses te livrer à tes propres pensées pour pouvoir écouter avec plus d'attention le saint ministre; tu songes au bonheur

(i53) que doit éprouver ta mère : plus contente que toi , elle te regarde avec satisfaction; fière de ves vertus qjfl^lle seule a cultivées, elle semble vouloir montmr \ tout ce qui l'entoure qu'elle est ta mère. Mais à ces doux moments en succèdent de plus doux encore. Quand les nœuds de ton hymen viennent d'être bénis, que tu te retires, elle attend de toi la première preuve d'amour ; tu t'élances dans ses bras, tu veux lui exprimer ta tendresse, ta recon* naissance ; tu ne le peux , et tes pleurs seuls alors parlent pour toi ; tu te vois au sein de la félicité, et dans ce jour , qui s'écoule trop rapidemei^t, plu^ d'une fois dans le fond de ton cœur tu bénis le chapeau de roses.

M"* Stephakie B.

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