LES ALPES
I>iiifs ces c(H3trées ^ moitié sauvages , moitié cultivées , )e peintre de la nature la surprendra, {)our aii^i dire^ daps son atelier entourée des restes du chaos , au iBÎjieu d'une création ébauchée et de forâmes majestueuses qui annoncent une main toutepuissante. 11 ne trouvera pas ailleurs ces grauds effets deft ombres et de la lumière, ces dessins hardis et sublimes , auxquels Timagination seule ne saurait atteindre, llci, des rochers inaccessibles et d'une hauteur effrayante^ entrecoupés d'^écueils bizarres et de grottes obscures , paraissent loucher la voûte des cieux ^ leurs cimes , ea surplombant au-dessus d'un profond abîme ^ menacent de le couvrir de leur» ruine»; couronnées de touffes épaisses d^arbres courbée par la vétusté, elles )etteiït-au loin leurs ombres prolongées, et répandent une fraîcheur inaltérable. Là^ des torrents s'élancent du sein des nues , sa dispersent dans Tair^ ou foirent dans leur chute des cascades variées ; le fttrfeil le£» fait briller dçs fenx du cUamant ou des. couleurs de TarQ-eiiciel ; leurs onde&,. rassemblées dans, les gouffres qu'elles ont creusés^ s'en échappent avec une nou«velle force , et blanchissent de leur écume les marbrer épsurs qui s'opposent à leur cours. Ces beauté terribles^ sont cout-rastées par la vue riante des moor ta'gnes et des couteaux tapissés de diverses i^aoce^ de viei^ure; la, surface tranquille d'ifn, hea^ Uc rér pèle leur imfige, et réfléchit^» par un beau jour, l'azur du <^iel le plus pur ^ AU nûlieu d'un sombve désert ^iPi^Vi^Uon^ occupé par. une oombre^se çor \oim > présente le tableau d'ime r^i^raiVe paisible et
(.68) de l'union, si rare parmi -les hommes; des glaciers, dont la base est hérissée de pointés brillaotes^ les %incs éblouissants de neige , et les sommets éleyés au-dessus des nuées, terminent le lointain par leurs formes majestueuses.
Sans doute les fortes impressions données aux fibres encore tendres par tous ces grands objets, et fortifiées par l'habitude d'une vie uniforni^ et solitaire, sont une des principales causes de cet ennai qu'éprouvent les montagnards dans un séjour différent y et qui dégénèrent si souvent eu langueur mortelle.
Bergasse.