‹ La couronne littéraireChapitre 87 sur 108 · LE BONHEUR · texte numérisé non relu

LE BONHEUR

Ni l'or ni la grandeur ne nous rendent heoreiix.

Les gens du monde placent d'ordinaire le bonheur dans les richesses et dans la vie tamultuense des villes; les sages, au contraire , se sont accorda dans tous ]es temps et dans tous les pays à ne trouver la véritable £élicité que dans la médiocrité et le séjour de la campagne. Quels motifs assez puissants ont pu déterminer cette dernière opinion si souvent démentie par le» propos de' la société, et lui donner un crédit assez grand, pour contrebalancer les préjugés de la mode ou les frivoles im pressions du jeune âge. Je vois déjà Tobservateur superficiel traiter ces motifs de chimère par la seule raison qu'ils échappent à ses regards distraits* Combien pourtant ils sont réels et dignes d'être appréciés par un cœur tendre et un esprit doué de quelque solidité! Approchez, incrédules, et pour revenir de vos futiles préventions , faites un moment la comparaison «lu riche citadin avec l'homme des champs qui home ses vœux à la jouissance paisible de son modique héritajçe , tandis que tous les moments de l'opulence sont remplis par des occupations qui ne lui laissent ni repos ni vrais plaisirs. ' La médiocrité, exempte des embarras du luxe, à l'abri ^e l'envie , permet au cœur de se livrer à tous ses louables penchants, à l'esprit de cultiver toutes «es facultés. La bienfesance , qui s'exerce à . si peu de frais ^ laisse au fond de l'ame des jouissances bien préférables à celles de la fortune. La flatterie ne dresse pas autour de la demeure de

( 175) rbomme des champs les embûches 4oQt elle envi^ roDDe Jes palais.

JjSl médiocrité jouit surtout de ce rare privilège de pouvoir choisir le genre de vie 1^ plus conforme à ses goûts, sans craindre les im[]^rtuns où les censeurs. Renfermée, par sa position, dans une carrière étroite et bornée , ses regards ne se portent pas vers un but imaginaire qui ne lui laisserait que des regrets , et la modération la préserve des écarts et des remords de tous genres qu'ils traînent à leur suite.

Malgré tous ces avantages , il est peu de personnes qui sachent jouir de la médiocrité; le mérite seul peut s'y plaire : le vulgaire aime bien mieux dissiper dans les villes son patrimoine , ruiner sa santé, compromettre son avenir, et puiser à la source des plaisirs frivoles une satiété prématurée, que de se préparer des jouissances paisibles et impérissables^ par l'étude et la réflexion. Quel étrange aveuglement! Gomment ne cesse-t-il pas ail seul aspect d'une riante campagne ! Qui ne sent sous un beau ciel son cœur s'épanouir, son esprit s'élever, tout son être animé d'une vie nouvelle? La jeunesse y trouve les objets en harmonie avec la naïveté de ses sentiments, et la vieillesse s'y repose des peines inséparables d'une longue carrière. Ce n'est enfin qu'à la campagne et au sein de la médiocrité , que l'on jouit du présent^ et que l'on peut contempler l'avenir sans crainte , et lé passé sans regret.

AuGusTirrE D.

PAÉTHÉNOPE. («)

Mais vers setf bbrds riants Parthénope m'appelle.

Là se pi^sente aum yeux une scène nouvelle :

Là je vois rassemblés; dans de vastes tableaux.

Tous les effets du ciel, et des feux et des eaux.

Combien de souvenirs consacrés par Thistoire ,

Combien d'illusions obères à la mémoire ,

Dans ce premier berceau de la gloire et des arts.

Viennent au cœur ému. s'offrir de toutes parts !

£h ! quel lieu fut jamais en grands noms plus fertile?

Ici naquit le Tasse , et là mourut Virgile.

C'est là, c'est dans ces champs, qu'Hésiode à la main',

Épris de leurs beautés, le poète romain

Chantait, dans le repos, ses douces Géorgiques)

Cest là qu'il exhalait les plaintes énergiques

Où vivra de Didon l'éteme]}e douleur.

Mais d'un sol vigoureux qui peindra la couleur.

Et le pampre accablé sous la grappe opulente,

Et des volcans noircis la flamme ctincelante,

Et l'ile au triple front, et ce ciel enchanté,

Et d'une double mer la double immensité ?

• CnÊlfEDOLLé

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