L'ESPOIR DU-RETOUR
Sans le retour, qui pourrait nous consoler <)e l'absence? qui pourrait adoucir ses tourments, ses ennuis? L'espoir de se revoir rend les adieux moins cruels.... Le chagrin du départ cède à l'espoir du baiser du retour j mais , avant d'arriver à cet instant si désiré^ il faut partir, il faut quitter ses amis, sa patrie! Que de pleurs cette séparation va faire répandre ! L'absence ne respecte ni l'âgé ni le malheur. Une
{x) Ancion nom de la vilU d« Naple*.
( «77 ) mère, dont les soins assidus ont veillé sur les jours d'un 61s depuis bien des années , se voit en un seul ^our privée de cet enfant. En vain son cœur voudrait le retenir près d'elle; mais elle n*a rien, et ce fils voulant soutenir sa mère, va chercher en d'autres lieux les moyens d'adoucir sa position : cette idée le console; il cherche à sécher les larmes de celle qu'il va quitter^ et semble lui dire : « Con* sole-toi , je reviendrai. » Oui , tendre mère, il reviendra } protégé par tes voeux , il parviendra au bat qu'il se propose ; encouragé par la tendresse qu'il a pour toi, tous les travaux lui paraîtront doux; tes regrets augmenteront son courage; mais ton cœur , malgré tout, souffre de son absence: habituée à voir sans cesse à tes côtés celui qui fait toute ta richesse, tu le cherches en vain, en vain ta voix l'appelle , il ne t'entend plus. Alors des pleurs mouillent tes paupières. La crainte de ne plus'le revoir se présentera à ton esprit, tu frémiras à cette idée : une mère peut-elle être ti^an- I quille loin de son fils ?. Non , son amour est trop grand; rien ne peut te consoler d'être séparée de lui. La vie n'a plus de charmes pour elle ; ses forces sont anéanties, elle a perdu le bonheur, le dernier baiser de son fils est son plus cher souvenir; à chaque instant elle semble dire : a Que vais-je devenir? il n'est*plus là. » Cependant peu à peu son courage se ranime : à mesure que le temps avance ses forces renaissent. D'où vient donc ce changement?, d'où vient que cette tendre mère sen\ble avoir retrouvé le bonheur? L'espoir du retour a seul tari ses larmes.
M"* Éléonore de V.
sua LA MORT D'UN JEUNE POÈTE.
Bfe rhorrible Apenmn ogant tenter U dme ,
L'aiglon essaie un yol audacieux ^ n s'élance , un trait siffle.... il tombe dans Fabime En regrettant les cieuz.
Aux bords du frais Csaattf, aux rires du Méandre
On yit jadis des cygnes accourir { Leur Yoix deyiut flexible et leur chant pur et tendre ; Fuis on les vit mourir.
Ainsi f quand le poète en son jeune délire
Ta jpréluder à son premier accord, Le bruit harmonieux de sa naissante I jre Semble éveilier la mork
On croit voir du Cynthus quelque muse funèbre
Vers lui descendre une lyre à la main, S'écriant : « Hàte-toi de devenir célèbre , Il n'est plus temps demain.
Ou plutôt dieu des yers, dieu cruel d'Aonie,
Feu de mortels, pour ton cjilte formé», Renferment dans leur cœur les. foudres du gtéBÎe Sans tomber consumés.
Apollon, qu'as-tu fait de la foide idolâtre
Dont la jeunesse appelle nos regrets? ^ EtDorange et Bertin, Grilbert et Malfil&tre Sont-ils morts sous te» traits ?
BGIIevoye, à la muse élégante et féconde,
Subit comme eux ta parricide loij Et son jeune rival C'J , encore de ce monde , N'est plus vivant pour toi.
(1) M. Tictortn Fabre.
H semble qa'alarmé de ces fatals eSLemples,
Te maudissant et prévenant son sort , Il a brisé son luth et déserté tes temples Four éviter la mort.
Tel on voit Falcyon bâtir son nid fragile Et sY bercer sur les flots inconstants , Mais bientôt effrayé s'enfuir d'un vol agile A l'aspect des autans;
D'un poète naissant aujourd'hui même, encore •
lia mort finit les suaves concerts^ ^
Apollon, n'est-ce plus au Pinde qu'on t'adore? Est-ce donc aux enfers?
Ta Tavais inspiré ce fils de Mnémosjrne^ Son ame ardente exhalait tour à tour Et les brûlant^ transports d'une £trveur divine Et les soupirs d'amour (i).
Su muse aux longs regards, rêveuse, solitaire ,
Se prosternait aux autels de nos dieux.
Et sur des tons nouveaux redisait à la terre Des chanta faits pour les oienz.
Et toi , belle Ophélie , amante infortunée Dont son trépas fit Fétemel maiheor, Tu vis donc se flétrir sa belle matinée Et son génie en fleur !
Expirant dans tes bras, il espérut encore
Tirer du luth des sons inattendus ; Tout-à-coiip il s'éteint comme un doux météore Qui brille et qui n'est plus.
M. X. B» DK S^IITTIVI.
(i) FtenAkni quelqij« tempt 1« bruit d« U mort d» M. d« Si«BtHiae a coum àumtma Fftrfe.