LES ROSES
Cependant , fatiguée de sa course , HersUie cherche un lieu qui l'invite au repos. Un ruisseau serpente doucement sur un lit de verdure y elle suit son onde fugitive , et bientôt elle se trouve près d'une grotte charmante^ dont l'entrée est défendue par un rosier. Hersilie se place au pied de l'arbuste. Deux roses à peine entr'ouvertes formaient toute sa parure; elle en avait détaché une, elle s'approche^ saisit la branche qui soutient li^ fleur, essaie de la rompre; et, poussant un cri de douleur, elle s'éloigne en épanchant le sang qu'une épine cruelle vient de faire couler. Presque séparée de la tige qui la nourrit, la rd^e baisse languissamment la tête , ses charmantes couleurs s'effacent , elle n'exhale plus qu'un faible parfum , et desséchée avant le temps, il ne reste plus. rien de sa beauté.
Peu à peu l'air s'épaissit , le soleil cache derrière des nuages noirs son globe lumineux , les vents se déchaînent , et tout annonce une prochaine tempête. Hersilie treniblanteTuit dans lagro'tte. A peine y est-elte entrée que des torrents de pluies inondent la campagne. Un jour sombre se répand sur la nature. Les objets ne se distinguent plus qu'à la lueur brillante des éclairs qui déchirent la nue.
Cependant les éléments s'apaisent et le calme renaît. Hersilie sort de sa retraite. Partout où elle porte ses pas , elle voit des vestiges de l'orage. Ici les peupliers s'inclinent vers la terre; là les chênes antiques sont presque déracinés. L'onde du ruisseau roule les débris de la tempête , et ses eaux ont perdu leur blancheur : Ip rosier même n'est point
épargné. C'est en vain qu'Hersilie cherclie la rose qui s'échappa le matin à sa main tëmëraire; aussi elle a disparu , aussi elle a été la proie de l'orage; et y éparses çà et là, ses feuilles sont emportées par le ruisseau. Hersilie émue, s'éloigne loin de ces images de destruction.
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