‹ La couronne littéraireChapitre 95 sur 108 · CONSTANCE · texte numérisé non relu

CONSTANCE

ViEirf , César, viens mon fils ; sur ton fîront jeune encore Te place le bandea* que la pourpre décore ^ Gouyeme les Romains, mais pour les rendre heureux. Tous deux^ en même temps, nous y aillerons sur euxj Car ne crois pas*, mon fils, que, las du diadème. Je yeuille,^n t'en chargeant, m'en affranchir moi-même.

( ae4 ) Laisse agir la justice^ et n^nterronips la loi Que pour Tinfortuné criminel envers toi.

Mais dont Rome naguère a connu les services.

Montre un front inflexible aux mortels dont les vices De Pétai social minent les fondements :

Et cependant encore enlève aux châtiments Ce fils qui, sans espoir, pre^é par la misère; Â dérobé le pain qui dut nourrir sa mère.

Consulte enfin ton ccejjyr pour faire ton devoir. \ •

Quant à moi, si le ciel seconde mon pouvoir, J^ajoute rOccident à ton vaste héritage, La terre entre nous deux aujourd'hui se partage; Je vais la conquérir, tu la vas consoler; xu sécheras les pleurs que je ferai couler.

A regret dans le Nord je poite les alarmes.

Du moins que les captifs enchaînés par mes mains ^ Désormais à Pabri dés cirques inhumains.

Ne soient plus expoa^p aux regards des fiomains Dans ces jeux oh Ton vit , outrageant la natiu'e, L'homme donner au tigre un homme pour, pâture. O César! prends pitié de leur triste abandon : La clémence avec eux n'est pas même un pardon. Que dans Rome , éloignés de leur terre chérie, Ils trouvent un asile et presque une patrie.

A la loi des Chrétiens reste toujours soumis; Vois Jésus sur la croix mort pour .ses ennemis. Que Jupiter vengeur s'annonce par la foudre; Croyons plutôt, mon fils, au Dieu qui sait absoudre. Ah! si, toujouv fidèle à tes commandements, Mon Dieu, j'eusse écouté les tendres mouvements Que donne la pitié, que la nature inspire> Je n'aurais poi^t d'un crime épouvanté l'empire; Crispus vivrait encor, et mes yeux, sans effroi ^ Contempleraient le ciel! Mais je connais ta loi: Mes pleurs effaceront un instant de démence; Car le Dieu que j'adore est uq Dieu de clémence.

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