ORIGINE DU LIS
Uïf jour, après avoir parcouru le globe terreSlfe, Juptter, retournant aux cieux, enleva avec lui le filé d'Alcmène. 11 trouve Junon profondément endormie, et, profitant de son sommeil , il place furtivement auprès d'elle le jeune demi-dieu , qui, à peine âgé de deux ans, recevait encore d'une nourrUPle premier aliment de l'enfance. Celui-ci presse d'une bouche avide le sein de la déesse; mais*bientôt le doux nectar qu'il vient d'aspirer en trop grande abondance s'échappe de ses lèvres, et fuit en longs ruisseaux au miKeu de l'Olympe. C'est depuis ce tempe que, dans l'absence de Phébé, la voie lattée , telle qu'une écharpe éclatante, se prolonge dans un ciel sens nuages. Enfin Junon sort du long sommeil qui a protégé le larcin de son époux, et voyant les célestes parvis inondés de la blanche rosée , elle s'adresse au fils 4' Atlas. Mais , tandis qu'elle l'interroge sur ce phénomène, elle aperçoit la liqueur di-
vîne qiii , découlant de son sein., descend à grand» flots sur la terre. Il en naquit une flei)^, dont»la blancheur atteste l'origine. Elle s'ëlèye majestueusement sur une longue tige verdoyante, et son front d'al-' bâtre, mollement incliné, brille d'un éclat qu'aucune autre (leur ne saurait égaler.
De toi\t temps emblèçie de la pureté pat sa blan^ cheur, le lis a acquis pour nous un nouveau degré d'intérêt^ en devenant un symbole adopté par nos rois, ^.apin, au premier livre de sels j^diu», essaie de^K)us expliquer comment il a obtenu cet honneur. * « Quelle forêt ntuvelle revêt no» parterres d'une blancheur éblouissant^? Ce sont les lis, qui, sur leur verte Colonne, élèvent avec fierté leur front radieux f les li&, fleur chérie de la France, qui Ta particulièrement adoptée. L'illustre fils d'Hector, Francus^ nous l'aj^orta, dit-on , de la Phrygie, lorsque ce digne héritier de la gloire de ses j^eres^ brûlant de conquérir des lauriers sous un ciel étranger, traversa les mers, et vint aborder sur nos rhrages pour y fonder un nouvel empire. Cependant ^ s'il faut ajouter fojM^x antiques récits de nos aïeux, les lis descendus du ciel^ comme autrefois les boucliers sacrés,, furent reçus par les pieuses mainS' de Qovis , le premier de nos rois qui adora le Chri-st. Ce prince voulut que ce don céleste, à jamais honoré par ses descendants, ornât leur ^cusson , et fût toujours pour eux le gage de la victoire» »