‹ La course dans l'auroreChapitre 11 sur 39 · ÉTÉ · texte numérisé non relu

ÉTÉ

Le bel, éblouissant et somptueux été S’est couché dans les plaines, Enlaçant ardemment le lis décolleté,

Les frêles marjolaines.

Des violettes monte un apaisant parfum, Assagi, doux et tendre,

Comme le souvenir de quelque amour défunt Qui revient vous surprendre.

L’haleine des lilas, des œillets, des jasmins, Ardente et molle, frôle, Voluptueusement, effleure mes deux mains, Mes bras et mon épaule.

Il éclot du soleil au calice penché De mes soyeuses roses,

Où le frelon jaloux a tout à coup caché Ses languissantes poses.

Un murmure éperdu, brisé, éteint et long Monte, indéfinissable;

On dirait un sanglot lointain de violon, Tristement périssable.

Mais demain, tout ce charme ardent aura sombré Dans le gris de l’automne et ses promesses vagues, Comme un riche vaisseau, par le soleil ambré, Qu’engloutirent les vagues.

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