LE SOIR ET LES CHOSES
Le soir, à l’occident, se meurt, et les ramées
Prennent l’aspect songeur des paupières fermées.
Une brise murmure, effleurant les roseaux,
Frêle et douce, pareille aux gazouillis d’oiseaux.
Un rayon attardé danse dans la luzerne,
Mais la nuit, à l’œil noir, de tout côté le cerne;
Elle s’avance et guette, au bord des horizons, L’ombre, sa pâle sœur, assiégeant les maisons.
Le couchant, sur le ciel, met de sanglantes teintes, Les fleurs, toutes les fleurs semblent de mal atteintes
Et leur pâleur ressort sur la verdure des buis, Immobiles, luisant comme l’eau dans les puits . . .
Seul, dans la grise nuit, qui commence à descendre, Mon cœur vit, étincelle, au milieu de la cendre.