‹ La course dans l'auroreChapitre 17 sur 39 · POUR VOUS, MYSTÉRIEUX INCONNU · texte numérisé non relu

POUR VOUS, MYSTÉRIEUX INCONNU

Je rêvais de printemps, de corolles mi-closes,

De brises caressant mon parterre embaumé, De soleil ranimant le cœur de toutes choses;

Je rêvais des beaux jours où s’ouvriront les roses, Où les couples grisés s’enfuiront pour aimer.

Je rêvais vaguement d’une chère pensée

Qui viendrait jusqu’à moi et me suivrait toujours,

Douce offrande d’une âme à mon âme adressée,

Tendre sollicitude en ma vie délaissée

Qui comblerait le vide oppressant de mes jours.

En secret, je rêvais de tout ce que l’on rêve,

Quand le cœur bat trop vite et que l’on a vingt ans: Le radieux espoir dans ses bras nous soulève,

On veut aimer, on veut vivre, l’h,eure est trop brève, On attend le bonheur, comme un jour de printemps. . .

Il ne faut qu’un rayon pour entr’ouvrir la rose Que bercent, amoureux, les vents tièdes et doux, Qu’un regard pour guérir l’âme la plus morose;

Et pour que de mon cœur s’en aille la névrose,

Il n’a fallu qu’un mot et je rêve de vous.

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