‹ La course dans l'auroreChapitre 2 sur 39 · PARTIR · texte numérisé non relu

PARTIR

Partir par un beau soir, quand l’horizon se dore, Lorsque la fleur mourante a des gloires d’aurore, Sous l’éclat transitoire et fauve du couchant;

Avec un cœur séduit cl’un jeune enchantement, Partir, vagabonder, aller à l’aventure,

Boire au Plaisir divin de la fraîche nature,

Et sentir palpiter, en son être éperdu,

Les ailes de l’oiseau dans l’azur suspendu!

Lorsque l’ombre et les flots clapotent dans les rades, S’accouder lentement au bord des balustrades,

Le cœur agonisant sous le baiser du soir,

Lumineux et paré comme un beau reposoir;

Etre là, pour un rien, de bonheur étourdie;

Prendre tout l’univers pour un coin d’Arcadie! Voir s’alanguir l’espace aux parois de corail, L’espace fabuleux, ardent comme un sérail; Partir, lorsque le soir à l’horizon se glisse,

Errer des jours, des mois, sur les mers, comme Ulyss Dans l’éblouissement d’immuables étés. . .

Je songe à vous, pays lointains, cieux enchantés!

l’ardeur

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