‹ La Course depuis la Déclaration de ParisChapitre 23 sur 24 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

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Nous sommes maintenant au terme de notre travail; Re les conclusions que nous en voulons proposer sont assez simples et peuvent être résumées très brièvement. Mais encore que nous ne soyons point dans l'intention de leur consacrer de longs développements, nous devons ici mentionner à tout le moins certains faits dont l’action sera sans nul doute décisive en notre matière: D'une part, depuis l'usage généralisé de la vapeur et l'invention perfectionnée des torpilles, les conditions de la lutte sur mer se sont modifiées au point que certains techniciens ou publicistes affirment que le temps est passé des combats d’escadre, des blocus réguliers et des opérations de stratégie méthodique: Pimprévu et les coups de force seraient donc les traits caractéristiques de la guerre future. — D'autre part, depuis la fixation plus ou moins arbitraire et heureuse de leurs frontières continentales, les nations se sont tournées vers les mers, € d’où vient toute richesse, d’où nait toute prospérité », vers les rivages lointains et les terres inoccupées. De là les préoccupations qui tiennent toute l’Europe haletante et que l’on a coutume d'indiquer par le vocable de « politique coloniale ». De là fatalement une concurrence économique parallèle, sinon même supérieure à la concurrence militaire; de là chez les « politiques

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| ts » les desseins dhérénele commerciale, en tout et toujours, sur terre et sur mer, si bien que, de ce plus en plus, dans les guerres de l'avenir, le but recherché principalement semble devoir être de frapper sans = merci la propriété privée des sujets ennemis, pour rui-

ner plus sûrement, par une série de désastres individuels la prospérité nationale dont ces individus sont les agents. À en croire l'opinion autorisée de l'amiral Aube, tout ce qui frappe l'ennemi dans sa richesse, & fortiori tout ce qui latteint dans les sources mêmes de celte richesse devient « non seulement légitime, mais s'impose comme obligatoire ». Aussi bien, M. Francis Charmes, qui, l'amiral Aube étant devenu ministre de la marine, fut appelé au ministère des affaires élrangères pour y exercer de hautes fonctions, se put-il croire amené, par une Judicieuse observation des faits et des tendances, à exprimer sur le même sujet des

idées à notre avis exactes: nous croyons fermement, en

effet, qu'il n’y a point de témérité à affirmer, comme le faisait M. Charmes en 1885 dans la Revue des Deux-Mondes, « qu’en dépit des éloquentes remontrances des philosophes et des déclarations platoniques des congrès, personne ne renoncera à ruiner la marine de commerce d’un adversaire, ce qui est l’objet même de la lutte, pour s'amuser à faire des expériences de tactique navale avec sa marine militaire, sans autre avantage que de constater la supériorité du nombre et l'infaillible puissance des grandes escadres ».

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comme par une série de conséquences fatales, à croire et sinon à l’inutilité complète de la guerre d’escadre, tout “es

au moins à son insuffisance, tant qu’elle ne cherchera point l'appui nécessaire dans la guerre de course, ie se stitution condamnée en 1856 étant ainsi appelée à de nouvelles et sans nul doute fructueuses destinées. Car, dit le même M. Charmes, « dans une guerre continentale, c’est encore la course qui peut faire le plus de mal à l'ennemi. En 1870 et 1871, notre situation ne se serait-elle pas aggravée, notre résistance n’aurait-elle pas été raccourcie de plusieurs mois si des croiseurs allemands avaient arrêté les nombreux navires qui nous portaient les armes et les approvisionnements destinés à remplacer ceux que nous avions livrés à l'Allemagne à Sedan et à Metz? Nos arsenaux étaient vides, notre industrie bien lente, mais tous les marchés du monde nous étaient ouverts, et nous y puisions à pleines mains. Même au milieu de ces épouvantables désastres, nos relations commerciales avec les étrangers se maintenaient, notre richesse extérieure n’était point atteinte, le travail national n’était point frappé de mort. De là vient qu’à la paix notre prospérité s’est rétablie si vite. Il en eût été bien autrement, si tout ce que nous avions de navires de commerce avait été détruit ou capturé, si nos relations avec l'Algérie avaient été coupées, si nos pertes avaient égalé nos malheurs. Alors

ruine eût accompagné la défaite et en eût cruellement | aggravé les conséquences. Quelle diversion sur nos côtes aurait pu produire d'aussi grandes catastrophes D = Cela est possible: Nous pensons, en effet, que la marine marchande, soit dans son personnel, soit dans son — inatériel, est un moyen de puissance navale toujours g prêt à se transformer à la première réquisition en ins- trument de guerre; nous croyons que, comme toute propriété privée qui peut être réquisitionnée par l'Etat dont les propriétaires sont lesressortissants, les bètiments de commerce peuvent, pour le combat naval et la capture des propriétés ennemies, être transformés en machine de guerre sans qu'il y ait lieu de distinguer si la puis- sance en question a ou n’a pas une loi spéciale sur les prestations de guerre, semblable à celle qui existe en Allemagne depuis le 43 juin 4873. Ainsi il reste en somme assez peu de chose, semble-t-il, de l’abolition de la course telle que l’a votée le Congrès de Paris en 1856. Mais, de ce chef, il s’agit de se bien entendre.

Tout aussi fermement nos idées sont arrêtées au point que nous venons de dire, tout aussi fermement elles sont arrêtées à celle conviction qu'il ne serait point licite de la part d’un gouvernement, au début d’une guerre, de constituer une marine purement privée, qu'il stimulerait par l’appât de hautes récompenses et qui, qualifiée de flotte auxiliaire, lui rendrait tous les services que, sous le nom de corsaire, elle n'aurait pas pu lui rendre: s’il en était autrement, une pure

en somme, ons à un corps d'armée de ee partant, elle doit être directement sous la main de.

l'administration militaire; et, pour cela, être par l'Etat

incorporée dans la guerre, être notamment soumise à la juridiction de la marine de guerre, comme le fut la

flotte auxiliaire espagnole pendant la guerre hispano-

américaine. Toute création de marine volontaire, de

croiseurs auxiliaires dont les commandants ne seraient point tenus, comme ceux des navires de guerre et aussi

strictement, à observer les lois et les usages de la guerre, serait donc illégitime et violerait Particle Ier de la

Déclaration de Paris. Or la communauté internationale

ne saurait souffrir une semblable atteinte à la loi du

respect de la parole donnée, qui est la loi générale des

individus comme des communautés, et qui, comme on l’a dit, susceptible d’être invoquée par quiconque est soumis à son autorité, pénètre toutes les sociétés humaines et constitue en réalité le lien qui les unit et leur permet d'exister.

Vu: Vu:

Le Doyen, Le Président de la thèse, GLASSON. PAUL LESEUR.

Vu et permis d'imprimer :

Le Vice-Recteur de l’Académie de Paris, GRÉARD.

Pages.

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