ACTE I, SCÈNE XV
dans mon pays, il vous a suffi, pour me dé l sourire, d'un défi. Je m'en retournais soum». „ stupide. . . Je me suis ajprs avis*'; que je ne tiendrais jam. la résolution de m 'affranchir, si je vous la notifiais à l'avance. En ce moment de tristesse profonde, je me 5 sens pourtant fort, non pas seulement de l'idée qu'avant une demi-heure je serai parti, mais encore parce que j'ai contracté l'obligation de partir. . .
Sabine. Comment cela? tjjjfa
Stangy. Lorsque je vous suppliais, naguère7 de lier 10 votre vie à la mienne, je vous annonçais l'intention de vendre mes terres, afin de m 'installer librement ici où vous tiennent vos devoirs, vos affections, vos habitudes. . .
Sabine. Oui. . . Eh bien?
Stangy. Désormais, au contraire, réduit à chercher 15 l'oubli dans une activité absorbante, da wg JJJL - travail fiévreux, j'ai pris le moyen de tripler F étendue de mon exploitation. Un vaste domaine, contigu au mien, est en adjudication à la Nouvelle-Orléans. Il passe pour invendable, tant sa mise en valeur réclame de peines et de ïo frais. J'ai pensé qu'une charge aussi lourde, dont je ne me déferais pas sans désastre, m'interdirait toute velléité de retour. J'ai négocié l'achat et donné mandat que l'on traite pour moi, avant l'heure des enchères, demain matin.
Sabine. Je vous écoutais jusque-là, supposant qu'il as s'agissait d'une absence plus ou moins longue que vous alliez faire. Je m'y serais résignée, parce que l'avenir^ du moins, me semblait sauvegardé.
Stangy. Quel avenir ?
Sabine. Ne me posez pas de questions. Cessez de 3c e 1 .uvais. Voyez: je vous souris. Vous avez pré- ' ' ', disposais ainsi d'un argument irrésistible. . ■
LA COtJSSE DU TLAUBEA.V
z vous rendre au télégraphe. II y a, quelque jn bureau ouvert toute la nuit. Vous expédierez contre-ordre, qui vous dégagera encore à temps. Stangy. A cette heure-ci, c'est vrai, j'aurais peut-être S encore le temps, bien juste. . . Mais je n'en profiterai pas. Je veux me délivrer de votre vue qui me supplicie, de votre voisinage qui fascine ma volonté, qui m'attÎK sang, cesse et ne me mène à rien. Non ! vous ne me dompterez ' plus!
io Sabine. Ah! vous me contraignez à m 'expliquer, à me démasquer, avant l'événement que j'avais envisagé I . . . Ai-je donc eu réellement tant d'hypocrisie ou, plutôt, avez-vous été assez aveugle pour qu'il vous soit échappé que mes sentiments répondent aux vôtres?
15 Stangy. Quoi? Je ne vous suis pas indifférent? Vous m'aimez! Vous avez dit que vous m'aimiez? C'est bien cela que vous avez dit?
Sabine. Oui.
Stangy. Que m'apprenez-vous là? Que m'exprimex- »o vous? ... si tard! . . .
Sabine. Je vous le confesse, j'ai cherché, en effet, à obtenir de vous, malgré vous, du délai. . . N'allez pas, à présent, me reprocher trop d^s&ce^nî me me^nseFt . . . Stangy. Ah ! ma chère I ... ma chérie ! . . . Parlez en 35 toute confiance !
Sabine. Vous savez, c'est souvent dans la nature des femmes de ne devenir tout à fait franches que quand elles ne peuvent plus faire autrement^' Sb'^aL* K
Stangy. Mais cjuel prétexte avîez-vous de dissimuler? 30 Était-ce une éprtùve? Ne vous jugiez-vous pas as.*» sûre de moi? , . .
Sabine. Ne vous égarez point. Les considérations q