‹ La course du flambeau: pie?ce en quatre actesChapitre 69 sur 83 · ACTE IV, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE II

bien que vous me faites! Il n'y a que moi qui le mesure 1

Stangy. Depuis l'époque déjà lointaine où vous m'avez écrit dans des termes si pressants, qu'est-il advenu des embarras dont vous m'avertissiez? 5

Sabine, Le désastre s'est effectué. Mais, par vous, les conséquences en seront vite palliées. . . Toutefois, pour ces chiffres, ces argents, je vous en prie. . . causez plutôt avec mon gendre. De pareils sujets me sont si pénibles, entre nous deux, de vous à moi ! 10

Stangy. Bref, votre gendre est sur le pavé?

Sabine. Hélas 1 oui. Il a signé l'abandon de tous ses droits sur son usine. ,f

Stangy. D faudrait lui remettre le pied àfèmer?i

Sabine. Je ne vous aurais pas exprimé ce surcroit is d'exigences. Que vous êtes bon de devancer ces causes d'anxiétés futures ! i. ■ t

Stangy. H me serait doux de vous procurer les sou- <f lagements qui me sont possibles.

Sabine. Ah ! je vous retrouve à mon égard le Stangy » des meilleurs jours que j'aie vécus. Vous êtes toujours mon Stangy!

Stangy. Vous m'avez écrit que M. Didier Maravon était un très galant homme, un ingénieur de mérite, auquel il n'a encore manqué que la chance. îj

Sabine. ' Oui. C'est ce que je pense très sincèrement

de lui. Si, par vos conseils au moins, par votre expéri-

;, vous pouviez l'éclairer sur sa voie? . . . D'ailleurs,

1 l'avez aperçu chez moi quand il était jeune homme;

"»»"it à la maison le soir où vous êtes parti. . . 30

En effet! Vo 'aurez donc qu'à nous re-

en rapport.

r Sabine. Je ferai cela sans retard, car, moi, demain matin, j'aurai enlevé d'ici ma mère et je serai bientôt loin.

Stangy. C'est la rigueur du climat qui vous chasse si S vite?

Sabine. Ouï.

Stangy. Dame ! ces sautes de vent et de température, trente degrés au soleil, dix degrés à l'ombre, le thermomètre au-dessous de zéro la nuit, je comprends que cela 10 effraie dès l'arrivée, lorsqu'on est responsable d'une personne d'âge comme Mme Fontenais.

Sabine. Ma fuite va me faire bien rapidement me priver

de vous, dans des circonstances où, pour vous exprimer

ma gratitude, il me faudrait un temps infini 1 ... Ce que

15 vous étiez dans ma vie, vous m'en avez jadis arraché

' râ'veu! Je tremblerais d'oser vous le redire. . .

Stangy, douloureusement. Sabine !

tout un temps de votre existence. . . Mais, cependant, 10 vous resurgissez devant moi avec un rôle si grand, si rédempteur, que c'est le ciel, il me semble, qui vous envoie pour que mes fautes et mes malheurs soient terminés. Cette rencontre n'est-elle pas l'annonce que je puisse encore avoir du bonheur ? . . .et peut-être en donner ? 25 N'allez- vous pas redescendre sur Paris? Saurez-vous reprendre le chemin de ma demeure, où n'avait cessé, à mes yeux, de flotter votre image?

Stangy. Je suis venu ici pour. . . J'y suis retenu. . . par la santé de ma femme.

30 Sabine, accablée. Votre femme 1 . . . Oh 1

Stangy. Vous aviez r*«* que j'aurais une d'éternelle fidélité?

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