SCENE VIII
LES MÊMES, Me ALBERT, M. COQUARD, URSULE ET SUZON.
Madame Albert (à Ursule et Suzon).
Avancez.
Ursule.
Madame....
Madame Albert.
Je le veux , allons , obc'issez.
Monsieur Coquard.
Ou me ramène.
Madame Jobïn.
Enfin I....
Madame Albert ( désignant Ursule ).
Grâce à Mademoiselle, Le voisin s'effrayait pour une bagatelle.
( Montrant Suzon. )
Et ce mauvais sujet était dans le complot.
Suzon.
Moi?
Madame Albert.
J'ai tout entendu sans en perdre un seul mol. Monsieur Jobin.
Contez-nous....
Madame Albert.
Ce détail est fort peu nécessaire.
( y4 Arthur. ) Vous, Monsieur , rendez-moi l'acte qu'on vient de faire.
DoRviLLE ( h part. Il prend le papier et en rend un autre. ) Se peut-il ! c'est cela ?
Monsieur Jobin ( e'ifo/znc).
L'acte ?
Madame Jobin {de même).
Qui, lui? Madame Albert {arrachant le papier des mains d' Arthur ^ui n'a pas vu le changement du contrat ).
Donuez.
Nul n'en profilera, si vous m'y reprenez....
( Elle le déchire ).
Monsieur Jobin.
Que faites-vous ?
Madame Albert ( bien fausse ).
Mon coeur cède à tant d'artifice !
J'allais , sans le savoir devenir sa complice , Dieu sait où l'eût conduit son fol égarement.
Arthur.
Quels discours I....
Monsieur Coquard ( bas à M. Jobin ).
Votre fonds vous reste, c'est charmant.
Monsieur Jobin ( à madame Albert ).
Mais expliquez-uous donc...
Madame Albert.
Point, je vous suis suspecte.
Chez vous d'une façon délournée ou directe , Je vois que contre moi tout li' monde est ligué ; De tauL u'assauls divers mon cœur est fatigué j Il faut rompre.
Monsieur Jobin.
Comment ?
Madame Albeux {feignant l'allendrissement). C'est ma seule prière j
J'espérais près de vous achever ma carrière, On ne l'a pas voulu • je n'ai dans mes malheurs D'autre soulagement que celui de mes pleurs. Adieu.
Monsieur Jobin, Vous resterez.
Madame Jobin.
Cousine !
SuzoN.
Bon voyage.
Madame Jobin ( à Suzon ).
Impudente !
Ursule ( en V appuis ant ).
Ma mère !,..
Madame Jobin.
Elle en rit.
Dorville.
Quel dommage Madame Jobin \^h Ursule et Suzon).
Sortez toutes les deux et sur-le-cliamp. Ur«ule.
Pourquoi ?
Si Madame vous quitte est-ce ma faute à moi ?
Madame Jobin {avec empressement).
Sortez encore un coup , ou bientôt....
( Ursule et Suzen s'en vont lentement , Arthur paraît accable'). Madame Albert.
Point d'esclandre.
Monsieur Jobin.
Tout va se de'couvrir.
Madame Jobin.
Vous, suivez-cous mon gendre.
( M. et M^ Jobin et flP Albert sortant ). Monsieur Coquard ( s'approchant de Doiville et d'Arthur
tout doucement ).
Ce petit incident pourra vous affliger , Mais je n'en suis pas moins tout à vous pour changer,
{Il sort.) Ah ! Mousieur !
DORVILLE
Je vous plains.
AflTnun.
Quel parli dois-je prendre ?
( 58 )" l^eu
DoRVILLE.
J'ai quelque espoir. J«»
Arthur. l'**'
Eh bien ?
DORVILLE
Le plus sage est d'attendre, ( Après un silence ). if
Sur l'acte en vous l'offrant , qu'a dit madame Albert?
Arthur.
Que je la connaîtrais après l'avoir ouvert. DoRviLLE {vivement)»
Et vous n'avez pas lu ?....
Arthur.
Won.
DoRVILLE.
Ce seul mot m'éclaire.
Comment ?
DoRviLLE. Va
Nous la tenons et j'en fais mon affaire.