MONSIEUR COQUARD, ARTHUR
Monsieur Coquard ( a haute voix en reculant ). Sortez et sur-le-champ , Monsieur.
Arthur ( bas , en s'approchant de lui ). Pumt de scandale.
MoiTsiETiR CoQUARD ( reculant toujours ), Sortez, je vous le dis, ma colère est brutale, .TUiii»/.
J'ai la main malheureuse , éloignez-vous.
Arthur.
Tout doux, On en a corrige' de plus me'chans que vous. ^ . Monsieur Coquabd ( criant )*^ Ne vous y fiez pas.
Arthur.
Paix donc.
Monsieur Coquard.
Prenez-y garde.
Arthur.
Chut î
Monsieur Coquabd.
Parlons-nous de loin.
Arthur.
Oh ! ceci me regarde.
Monsieur Coquard.
De crainte d'acri lent, je vais appeler.
Arthur ( le saisissant au poignet ).
Kon.
Monsieur Coquard.
Ne me serrez pas tant la main.
Arthur.
. tl lO
Baissez de ton.
Monsieur Coquard.
Ouf!
Arthur.
Point de bruit, Monsieur , c'est tout ce que j'exige. Monsieur Coquard.
L'honneur me le prescrit, je Siiis calme vous dis-je.
Arthur.
Eh bien, parlez, voyons.
Monsieur Coquard.
Vous êtes mon rival ?
' A&tauH.
Oui , Monsieur.
Monsieur Coquarb.
Je pourrais trouver cela fort mal....
Mais je suis indulgent , j'excuse la jeunesse ; Vous aimez donc beaucoup Ursule ?
Arthur.
Avec ivresse î
Monsieur Coquarb* Je l'aime aussi, Monsieur , sensément.
Je le crois.
Monsieur Coquabd.
Et vous la défendrez contre tous ?
Arthur.
Je le dois.
Monsieur Coquabd.
Certes I et votre désir est de l'avoir pour femme ? -,
Arthur. ^^^^j
J'y borne tous mes vœux.
Monsieur Coquard.
Ah I c'est d'une belle âme I Et vous avez du bien ?
Arthur.
Nonj mon père à sa mort Ne m'a laissé qu'un nom sans tache.
Monsieur Coquard.
Quel effort!
Et muni de ce fonds , n'ayant pas d'autre avance, \ous osez avec moi risquer la concurrence?
Arthur.
Il est vrai.
Monsieur Coquard.
Dormez-voUs ? ou si vous êtes fou ?
Sacliee qu'on ne peut rien quanJ on n'a pas le sou, Que ces dehors brilians qu'à voire âge on accueille, Wont aucune valeur devant un porle-feuille , Et que j'ai dans mon colfre en écus , en bijoux , De quoi gagner Ursule et vous confondre tous.
Arthur.
Voilà précisément le point que je redoute ; Si de celle mjison vous reprenez la roule , Si vous vous avisez d'y revenu- encor , A mon ressentiment je donne un libre essor j Rien ne m'arrêtera ; plus de frein , plus d'entrave , Je cesse d'éviter, d'éparg icr qui me brave, Votre âge, vos trésors, vos revenus cachés. Dont vos pareds, Monsieur, peuvent être eutichés. Ne vous sauveront pas de ce que je inédite. Et je vous traiterai selon votre mérite.
MoNsiKUR Coquabd.
Je dois conséquemment penser ?,...
Ariul'r.
A déloger....
Monsieur Coquaud," . ^
Vous êtes laconique et pressant, pour changer. ' ''*^""'' •"
Arthur.
Partez donc à l'instant , sans plus de résistance , El ne me forcez pas à quelque violence.
Monsieur Coquard.
De l'avertissement, je vous suis obligé, Et c'est affaire à vous de donner un congé ; Sur mes intentions , vous alliez vous méprendre ; Mais comme vous voyez, il ne faut que s'entendre ; ,
Très-humble serviteur. ( à part) Sournois j'aurai mon tour, Et tu me le payeras avant la fin du jour.
SGENE V.