SCÈNE VIII
LES MÊMES, hors ARTHUR.
Monsieur Jobin.
Joli garçon, d'honneur.
Madame Jobin.
Oui , Monsieur , si l'on veut , Mais pas un sou, l'air gauche.
Monsieur Jobin.
Il fait tout ce qu'il peut , Laborieux, actif, intelligent , honnête....
Madame Jobin.
Vos éloges pompeux me fatiguent la tête , Sans nous vous alliez faire un beau chef-d'oeuvre.
Monsieur Jobin.
Eh bien ?
Madame Albert.
Des querelles encor qui n'avancent à rien I Vous lui devez des soins.
MoNsiEtiR Jobin {avec une gaite' affectueuse). C'est vous , chère cousine, Que nous en chargerons.
Madame Albert.
Comment ?
Madame Jobin ( à son mari ).
Je vous devine , Et vous me prévenez.
Madame Albert.
Mais je ne comprends pas....
Monsieur Jobin.
Un mot de nous ce soir vous lire d'embarras.
Madame Albert {foMx e'panchernent. ) Bien I pourvu que toujours je sois de la famille.
Monsieur Jobin.
Oui , toujours.
Madame Albert.
A présent , songeons à votre fille ; Je sais , n'en doutez point , et de très-bonne part , Qu'on cherche à vous brouiller Jivee monsieur Coquard ; Votre frère , irrité , dit à qui veut l'entendre , Qu'il ne peut ni ne doit devenir votre gendre ; Il me hait , et prétend que moi seule a;ijourd'hui Je vous presse en secret a vous unir à lui ; Honteux d'être éconduit, il fulmine, il enrage,
( »7 ) Et veut absolument rompre ce mariage ; Chez vous de son courroux , comment me préserver ? Je m'attends à toute heure à l'y "oir arriver.... Ah I juste ciel I c'est lui.
Monsieur Jobiw.
Sortons.
Madame Albert (le retenant.)
Point de faiblesse , Restez.
Monsieur Jobin.
Mais....
Il le faut , beaucoup de politesse , Tâchez de m'imiter. '
Madame Jobi.n.
Jeredoute ses cris. »