‹ La couvée, comédie en trois actesChapitre 7 sur 41 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

GRAINDOR, MADAME GRAINDOR, ANDRÉ, MADAME MEILLET. Madame Meillet est mise avec une éléyance discrète, très convenablement.

ANDRÉ

Monsieur et madame Graindor, je vous présente ma mère dont je vous ai annoncé la visite... [Salutations. Madame... Monsieur... Asseyez-vous, je vous prie, etc.)

GRAINDOR

Nous avons beaucoup entendu parler de vous, madame, et nous sommes heureux...

MADAME MEILLET

Mon lils, de son côté, m'a dit tant de bien do

VOUS, monsieur, et de vous aussi, madame, et de mademoiselle votre fille, que je suis ravie...

MADAME GRAINDOR

Vous êtes mille fois aimable, madame»

MADAME MEILLET

Si je ne me trompe, j'ai déjà eu le plaisir de vous rencontrer, madame, ainsi que mademoiselle votre fille, au bal de la Préfecture.

MADAME GRAINDOR

En elfet, madame, je me souviens parfaitement. {Silence.) Une belle journée, n'est-ce pas, madame ?

MADAME MEILLET

Très belle.

Vous aimez beaucoup la campagne, madame?

MADAME MEILLET

Olil oui, madame. {Silence.)

ANDRÉ

Je vais aller faire cette course n'est-ce pas? maman, et je te retrouverai ici.

ftLVDAME MEILLET

C'est cela. {Jl sort. Nouveau silence.)

GRAINDOR, à la fenêtre.

Belle journée !

MADAME GRAINDOR

Oui, belle journée. {Nouveau silence*}

MADAME MEII.LET

"Vous êtes très graiidemenl logés.

GRAINDOR

Le commerce, n'est-ce pas?

MADAME MEILLET

Les loyers sont chers en ville.

MADAME GRAINDOR

Oh ! la maison nous appartient.

C'est ce qu'il y a de préférable.

GRAINDOR

Oh ! madame, quand on est propriétaire on a bien des ennuis.

MADAME GRAINDOR

Les non -valeurs. ■•

GRAINDOR

Nous avons, au-dessus, un très bel appartement qui est libre depuis deux ans.

MADAME MEILLET

Ah! vraiment... [Un temps.) Et monsieur votre fils? [Silence.)

GRAINDOR

Un joli coco! Parlons-en.

MA1>AMÉ GRAINDOR, à son mari.

Ne dis donc pas de mal de tes enfants!

GRAINDOR

Il n'est pas méchant, mais il est si mal élevé.

MADAME GKAINDOR

Ce que mon mari appelle « mal éievé, » madame.. .

. GRALNDOR

Tu Tas gâté.

11 faut VOUS dire, madame, qu'Auguste est très délicat. Sa croissance Ta beaucoup fatigué. Je lai défendu contre son père, contre" les profes- •seurs qui me l'auraient tué en le faisant travailler... comme on fait travailler les enfants qui ont besoin de se faire une situation. Dieu merci, nous n'en sommes pas là.

MADAME MEILLET

11 a été soldat, cependant?

MADAME GRAINDOR

Non, madame.

MADAME MEiLLET, ttvec utie foifite d'orgucil. Le mien 1 a été.

MADAME GRAINDOR

11 avait été trouvé bon pour le service militaire : ces messieurs n'y connaissent rien. Mais nous avons été assez heureux pour le faire exempter.

GRAINDOR

Hélas I

MADAME GRAINDOR

Son père est très dur pour lui.

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