SCÈNE II LA BARONNE, ZÉNOBIA
ZÉNOBIA
Ah! ma chère Juliette, que vous êtes bonne de m'avoir attendue. Figurez-vous...
LA BARONIfl, riasi.
C'est bien par hasard que je suis chez moi; ne me remerciez pas. Il n'y a pas cinq minutes que j'ai reçu votre dépêche.
ZÉNOBIA
Ce n'est pas possible! Enfin, peu importe... je vous trouve, c'est l'essentiel. J'ai un grand service à vous demander. Promettez-moi de ne pas me refuser.
LA BARONNE
Vous savez bien que je ne le pourrais pas.
ZÉNOBIA
C'est que... ce que j'ai à vous demander vous paraîtra peut-être un peu étrange...
LA BARONNE
Parlez vite, vous me mettez au supplice.
ZÉNOBIA
Asseyons-nous, voulez-vous? je serai moins angoissée.
LA BARONNE
Voulez-vous du madère? un doigt, avec un biscuit anglais.
ZÉNOBIA
Non, pas aujourd'hui. Je n'ai pas le temps. Écoutez-moi. Je n'ai pas encore, vous le savez, écrit pour le théâtre.
LA BARONNE
Je me suis déjà demandé pourquoi.
ZÉNOBIA
Ahl ma chère, le théâtre I c'est l'abîme, et c'est l'attraction de l'abîme. L'art, c'est une passion; le théâtre, c'est un vice, on le craint et on le désire, il épouvante et fas-