Voici le début de la description de Denis
Considérons un peu ce château de plaisance ;
Voyez-vous comme il est tout couvert de faïence,
D'urnes de porcelaine et de vases divers,
Qui le font éclater aux yeux de l’univers...
5. Mercure galant , novembre 1686, p. 115. Voici la description complète de Trianon dans la relation de la visite des envoyés Siamois, qui y arrivèrent par le Canal après avoir vu la Ménagerie : « Ils y montèrent par un très beau degré, au haut duquel est un fort gros jet d’eau. Au devant de celle galante maison, il y a un enfoncement en demi-ovale. Aux deux côtés de cet ovale, et au fond, sont trois portes. Celle du fond conduit dans la principale cour, et celles de côté dans deux cours séparées qui régnent le long de l’ovale. Au bout de ces deux cours séparées, en suivant toujours l’ovale, on trouve deux portes qui donnent encore entrée dans la cour, au fond de laquelle est le principal corps de logis d’un seul étage, orné en dehors d’une si grande quantité de vases de différentes figures, qui toutes représentent de la porcelaine, que l’on ne voit autre chose. Le dedans de ce corps de logis est aussi tout peint en porcelaine. Les murailles sont toutes couvertes de glaces, et il est aussi galamment que richement meublé. Il y a, à côté, deux pavillons carrés, dont la structure et les ornements répondent au corps de logis et deux autres pavillons, plus bas, qui terminent le bâtiment par devant. Ce lieu étant destiné pour y conserver toutes sortes de fleurs tant l’hiver que l’été, l’air y seconde si bien la nature qu’il en est rempli en toutes saisons. Tous les bassins sont ou paraissent de porcelaine... »
6. Il y a mention distincte de « carreaux de Hollande », fournis par plusieurs faïenciers, et de « carreaux de fayence posés dans les appartements ». (Comptes,!. I-, 421, 428, 429, 490, 539.) Il s’agit certainement de faïences de Delft, dénommées alors dans le commerce « porcelaines façon des Indes ». Sur Claude Révérend, importateur de la faïence de Delft, suivant un privilège accordé le 19 mai 1664, voir Henry Havard, Histoire de la faïence de Delft , Paris, 1878, p. 33.
7. Le Mercure de 1673 dit expressément, p. 111 : « On ne fait plus de si grandes dépenses de plafonds et l’on peint aujourd’hui les appartements neufs de trois manières. La première est de les faire peindre en marbre ; la seconde est d’y faire mettre une couleur blanche avec des filets d’or seulement, et la troisième de les peindre en bleu et blanc à la manière de Trianon. » Félibien fait ici le meilleur commentaire.