COQUILLES LATÉRALES DE LARC DE TRIOMPHE. DESSIN CONTEMPORAIN
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qui se présentent dans l’ordre suivant : une Vestale, une Sibylle, un Bacchus, une Vénus honteuse, une Pallas, une Vestale, un Apollon, un Silène, une Pomone, une Gérés, un Méléagre, un Bacchus, un Lantin, une Cléopâtre, un Bacchus, une Minerve, un Bacchus, une Cérès, un Mercure frappant Argus, un Gladiateur, un Silvain, un Lantin, une Pandore, un Silvain1. Les indications de dimensions et d’attitudes que porte le manuscrit permettraient sans doute d’identifier ces figures, où le même sujet était plusieurs fois répété d’après les types différents de l’art antique, que les pensionnaires du Roi 'avaient trouvé intéressant de copier à Rome pour ses palais et ses jardins.
La pensée d’orner les maisons royales avait été pour beaucoup dans la création romaine de Colbert, qui est de 1666. La correspondance du surintendant avec les premiers directeurs de l’Académie royale de Rome, Charles Errard et Noël Coypel, est pleine d’allusions à des besoins, où les embellissements de Versailles et de ses dépendances tiennent une place de plus en plus grande. En 1673, par exemple, Colbert adresse ses premières instructions à Coypel : il lui recommande tout d’abord de veiller aux progrès des élèves peintres, sculpteurs et architectes, qu’entretient le Roi pour les perfectionnements des arts en France; puis il l’invite à « faire travailler les jeunes sculpteurs ù copier bien exactement ce qu’il y a de plus beau à Rome ». 11 déclare aussi, dès l’origine, qu’une des fonctions du directeur consiste à faire des achats d’antiques pour le Roi : « Vous devez encore, écrit-il, rechercher avec soin tout ce que vous pourrez trouver de beau en bustes, figures, bas-reliefs et autres beaux ouvrages de l’ancienne Rome, et, en cas que vous en trouviez à bon marché, les acheter; mais prenez bien garde de ne vous en déclarer à personne et d’exécuter avec adresse et secret l’ordre que je vous donne en cela, n’étant pas à propos d’en faire aucun éclat et ne voulant pas même y mettre beaucoup d’argent 2. » Les marbres copiés ou acquis sous la direction de Coypel, et au début de la seconde direction d’Errard, arrivèrent en France en 1679 et en 1682, sur deux vaisseaux envoyés par Colbert à Cività-Vecchia; ils furent débarqués au Havre, d’où on les transporta par la Seine jusqu’à Paris3. Le premier vaisseau, qui fut une grande flûte royale de plus de cinq cents tonneaux armée à Marseille, ne contenait pas moins de deux cents caisses et ballots. Le jeune sculpteur Cornu, qui avait présidé au transport des précieux objets, fut aidé par le peintre Goy dans les nouveaux chargements faits au Havre pour Paris, à la fin de juin 1679. C’est dans cet envoi qu’il faut chercher l’origine de la Salle des Antiques de Versailles, de même que le second, postérieur de trois années, apportera la plupart des belles copies de vases antiques qui figurent encore dans le Parc.
Disons sans attendre davantage que la Salle des Antiques, supprimée en 1704, est devenue, au dixhuitième siècle, la Salle des Marronniers. C’est sous ce nom qu’elle figure dans la collection d’estampes de Rigaud, et Blondel, un peu plus tard, nous fait connaître les changements qui ont été faits dans sa disposition et y ont apporté une transformation complète : « A la place des arbres qui y sont aujourd’hui, on a vu des jets d’eau et des statues de marbre. Cette salle, dans son état actuel, est encore très belle. On y remarque plusieurs bustes antiques de marbre blanc placés sur des gaines de marbre de Rance ; deux statues antiques, l’une représentant Antinoüs, l’autre Méléagre ; et aux deux extrémités se voient deux bassins, au milieu de chacun desquels il y en a un autre qui sert de piédestal à une figure antique ; d’un côté c est une Muse, et de l’autre une Dame Romaine4. » Sauf que ces deux dernières statues ont été retirées, la disposition et 1 ornementation actuelles de la Salle des Marronniers sont restées ce qu’elles étaient sous Louis XV.
Tout auprès de la Salle des Antiques, au-dessus de la grande pièce d’eau de File Royale, était une pièce d eau plus petite, creusée en même temps que celle de File et qui, seule des deux, a été conservée jusqu à nous. Elle est ordinairement appelée le Miroir. On la nommait autrefois le Vertugadin , à cause de sa figure, le terme de « vertugadin » désignant, dans le jardinage de l’époque, un « glacis de gazon en amphithéâtre, dont les lignes circulaires qui la terminent ne sont pas parallèles5 ». Contre la chaussée qui séparait le Vertugadin de 1 Ile Royale, on installa une rangée de vasques de pierre destinées à produire
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des cascades mêlées dejets d’eau l. Là encore, nous avons pour nous renseigner en toute confiance un bon tableau de Martin. On y voit les dames de la Cour donner à manger à quelques-uns de ces beaux cygnes de Danemark ou de Touraine, qui peuplaient en si grand nombre les principaux bassins de Versailles Le peintre indique avec soin, au pourtour du Miroir, vingt-sept petites vasques, d’où sortent autant de jets d’eau, douze autres de chaque côté de la chaussée et treize aux cascades, recevant l’eau vomie par treize mascarons.
L’estampe de Pérelle, peu fidèle comme toujours, n’est intéressante que par sa légende mentionnant, dans le bassin de l’Ile Royale ou Ile d’Amour, « une île environnée de quatre-vingts jets d’eau, qui, jaillissant de tous côtés, n’empêchent pas qu’on ne s’y promène sans être mouillé. Il a une toise de profondeur et vingt de longueur, sans compter la pièce d’eau ou les cascades, qui sont au bout, qui s achèvent en cette présente année 1681 ». La petite île ronde, qui existe encore en 1686, a déjà disparu dans le tableau de Martin, où cinq grands jets seulement sortent de la surface du bassin. Quant aux cascades ordonnées par le Roi, nous en avons mention dans les rapports qu’adresse à Colbert son fils D Ormoy, chargé par lui, pendant les trois dernières années de sa vie, de surveiller les travaux de Versailles. Ces rapports, qui m’ont fourni plus d’une indication utile, font mention d’autres remaniements au bosquet des Sources, que rien ne permet de préciser : « Le Roi, écrit D’Ormoy le 12 février 1682, verra ce soir un nouveau dessin de M. Le Nôtre pour les Sources, afin de cacher le derrière de la nouvelle fontaine. Je crois qu’il pourra voir jouer aujourd’hui les bassins de pierre de l’ile Royale. » Et, le soir, après la visite du Roi, qui a commencé par les appartements : « Il a approuvé le dessin de Le Nôtre pour les Sources; on en va faire un modèle; il a vu aussi un modèle pour les ruisseaux des sources, qu’il a approuvé. Il a vu les jets de l’Ile Royale, et a ordonné à Denis d’en faire noyer quelques-uns. Je tiendrai la main que cela soit fait3. »
Cette décoration de vasques et de jets d’eau a paru bientôt insuffisante : « On travaille, nous est-il dit en 1686, à de magnifiques dessins pour embellir ces deux pièces d’eau comme les autres4. » Il s’agit sans doute d’y mettre des statues, car une estampe (l’Aveline fait connaître un projet de a théâtre d’eau à la romaine, pour placer à Versailles sur la hauteur du demi-roncleau de l’Ile Royale » ; on y aurait vu les figures des cinq grands fleuves de France et celles des petites rivières disposées devant un grand portique d’architecture adossé aux charmilles. Tout le décor se fût enrichi, mais alourdi; il est heureux peut-être que ce projet soit resté au nombre de ceux, assez nombreux, qui furent seulement rêvés pour embellir Versailles et qui menacèrent, en faveur d’un gain fort incertain, les réussites heureuses déjà obtenues.
Un bosquet, dont le nom revient souvent dans les récits du dix-septième siècle, est celui de la Salle de Bal. L’emplacement fut préparé en 1680 et la construction faite en 1681 5. Berthier, qui avait hérité de la spécialité de Delaunay, fit les rocailles des cascades, qui comptent parmi les plus importantes de Versailles et qui ont été plusieurs fois restaurées. La Salle de Bal servit aussi souvent à des collations qu’à des bals; dans les deux cas, les invités du Roi ou de Monseigneur se réunissaient dans une sorte d’arène isolée par un fossé, suivant une disposition que l’on rencontrait à Versailles au moins deux fois encore, à la Salle des Festins et à la Galerie d’eau. L’orchestre était dans le haut, au-dessus des cascades. En face, le sol était disposé en gradins pour les spectateurs, qui avaient ainsi sous les yeux, avec le coup d’œil de l’arène où l’on dansait, celui des nappes d’eau fort belles encore aujourd’hui, et sûrement d’un grand eiîet aux lumières. La plus ancienne description que nous ayons de ce bosquet en est aussi la plus complète :
Ce lieu destiné pour la danse est hexagone. On y entre par quatre perrons de quatre degrés chacun. Il est entouré (1e deux fossés d’eau qui suivent la forme de la salle du bal. Le rebord de ces fossés est couvert de coquillages, et il y a plusieurs vases de porcelaine autour de la troisième clôture qui enferme cette salle. Vis-à-vis les quatre perrons par où l’on y entre, sont deux cascades et deux entrées, et entre ces cascades et ces entrées il y a des lieux destinés pour s’asseoir, qui forment six bancs chacun. Le tout est entouré de treillage. Les cascades
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sont chacune de dix-sept rangs de bassins de coquillages, et ces rangs sont élevés de sept bassins les uns sur ks autres ; mais il y en a cinq qui en ont neuf, au-dessus desquels sont des jets d'eau. Le haut de ceux qui n'ont point de jets est orné de vases de métal, dont il y en a quatre de M. Le Hongre, qui représentent des Bacchanales de tcne et de mer, ce qui convient fort bien à l'usage de ce lieu, puisqu’on y voit des figures dansantes avec un ail qui invite à la joie, tant elles sont naturellement représentées. Au bas de chaque cascade sont de grandes torchères pour mettre des lumières le soir, ce qui fait briller les eaux et produit un effet fort agréable. Il y a