‹ La créationChapitre 102 sur 113 · II · texte numérisé non relu

II

98» LK C1IÉATIQN.

Ce sujet m'entraînerait trop loin. H faut me borner ici aux conséquences qui nous tiennent de plus près. Abrégeons :

Première conséquence : ce que j aperçois d'abord^ c'est une lumière qui peut éclairer les peuples de nos jours sur un des pointe les plus importants de leur destinée. Tous sont entraînés à se rattacher étroitement i leur nationalité. Rien de mieux, assurément ; mais qu'ils y prennent garde ! Sous couleur de nationalité^ il ne faudrait pas arracher de son sein toutes les va* riétés de race que le temps a rassemblées. On stériliserait Tarbre de vie au lieu de l'émonder.

Où se rencontrent plusieurs variétés de races humaines, il n'est pas bon de les assujettir à une seule qui finit par étouffer les autres. D'où il suit que là confédération qui laisse suibsister chaque variété est la forme sociale par excellence ^ telle qu'elle résulte aujourd'hui de l'universelle expé^ rience des lojs de li^ vie dans la ikatum et dans l'homme.

C'est une richesse et non une pauvreté pour une nation, de contenir des variétés de Tespàoe humaine, quand le temps les a mariées l'une avec Tautre. Ce serait désobéir aux lois de

UXRË J)ODZ|Ë|IE. 3S7

la vie que 4e yx)jalQir séparer c& qa'ila uni..

Qui doute que la a*ace allemande ^r XMss^p^ rarmoricaine par la Bretagua» Tibère par les Pyrénéesi, sans parler de la .race latine par h . Proyence et par le Nord, ne soient tontes nôoes< saives à la richesse comme Àia fécondité de cette fleur com^posée qu'on appelle la France? Qui doute que si l'on séparait ces coupes divers ^sous. préteste de les afiranchir, ils jxe seraie&t istéri* lises et la plante-mère condanmée au dépéris** sèment^ Toutes ensemble se lâcondent Tune l'autre; isolées^ eUes ne retrouveraient j>as raAcienne vigueur première; elles djécroUraient.

Ainsi s'éclaire la question aiyoard'luû .si olyaaire des nationalités, ^e tranckez pas dans Le vif jusqu'à ôler la vie.

Expérience. — Voulez-vous assister à «ne.

expérience (1) gigantesque ot ^ces problèmes se décident pour tout un monde? jEl^gardez l'Amérique. La nature ell^môme y travaille, sons vos feux, à former uzi «nouveau monde civil. (Cornment s'y prend-^ellfe?

Des points principanz du vieux .monde<aia*ivent

(i) J'ai montré une autre face de cette expérience dans mon ouvrage, La Révolution. T. IT^ p. 607.

des migrations annuelles et comme des représentants des variétés principales de l'espèce humaine. Les races allemandes, anglo-saxonnes y sont sartout en foule ; la race gallique y arrive par les Irlandais; la race latine y est semée dans les anciennes colonies françaises. Ces souches différentes ne sont point étouffées par une seule. Au contraire, elles subsistent au moyen de la confédération; en sorte que, suivant la loi de vie que nous avons reconnue, les races épousent les races, les variétés épousent les variétés ; d'où résultent une force d'accroissement, une fécondité sociale qui étonnent le monde.

Gomme personne n'agit en vertu d'un plan réfléchi, il semble que ce soit la nature seule qui fasse tout dans cet édifice d'un nouvel ordre social. En le construisant sous nos yeux, sur des fondements gigantesques, en rassemblant, groupant ces cent millions d'hommes (chose inconnue jusqu'ici), elle nous montre ses propres lois, celles de la distribution des êtres» organisés, appliquées à l'origine, à la formation, à l'extension d'une grande société humaine.

Page 1