CHAPITRE VIII
EXPLICATION d'un VERS D*HOUÂRE PAR LA PALÊONTOLOGIB.
J'arrive à une vérité cruelle, odieuse, qu*îl faudrait cacher sous la terre, si vous n'êtes décidé à en tirer les conséquences qu'elle renferme.
Vous m'annoncez votre dernière découverte ; tous les savants vous confirment. Je ne puis en douter; vous avez trouvé que la capacité matérielle du crâne humain diminue, de classe en classe, à mesure qu'augmentent l'ignorance, rinertie de l'esprit, la captivité de l'intelligence, fia misère. Le Français du moyen âge avait la tète physiquement plus étroite que le Français moderne. La même inégalité de cerveau se
montre dans les cimetières des pauvres et dans les cimetières des riches (1).
Voilà le dernier- mot de la science. Tirez, je vous prie, vous-même, la conséquence qu'elle porte avec elle. Il s'ensuit qu'imposer aux peuples l'inertie de l'intelligence,^ ou^ ce qui revient au môme, leur ôter la liberté, ce n'est pas seulement attenter à leur vie morale, à leur droit (chose sans doute peu importante I) ; c'est encore d^radter e» eux Yes organes' physique» deer facultés qu'il ne leur est plus permis d'exercer.
Ce n'est pas ^seulement étouffer l'&me; c'est ravaler le corps, mutiler le cerveau, rétrécir le cranev faire recuter là nature humaine daaâr la série dés êtres organisés.
Réciproquement, lespeuplesqui s^abandbniïeirf & un maître, ne livrentpas seufeœen* leur esprit; ils livrent bien réellement leurs* corp»; ife subissent le rapetissement d^i crâne, la dégênérartiaH des lobes cérébraux. Hs-sont en toute vérité- (fimi-^
résultat remarquable^ que lé crâne dQ Ja p^pulalioo pari-f sienne a évktéiumeiit sugmeneé âe cBpacM docu» fo-eoufs
y Gk^U Leçons ^ur ITiommev 3* leQaxi^.j). 4 13v i86S. De Ferry. Discours de réception, p. 19, f8'67. *
LlYRS OOITZIÉSIE. »i
ftuésde la téte^ diminuti cccpiUs^ comme le disait âè rescUte le droit romain^ par une ainguliàre intuition de la vérité physiologique.
J'ai moi^mtoie montré ailleurs que le moyen Jiige italien avait eu un presse utimeai de ce genre,, ^ qtiand il distinguait les hcxnmes en deux classes, le peuple gras^ le peuida maigre; l'un qui déive^ loppait ses oi^^anes» l'autre qui lea laissait atro* pltier«
Qui eût pu mesurer la capacité crânienne des Komâina avant et après le césarisone, eût certai- Bemeett troavé une diminution des arcades fron-tales^ ^
Voilàpourquoi leapeuplesaeressemblent si peu à etBX-mémea avant ou après la servitude ; ponr^ foei leamâmes paroles ne preduispntplus du tout sureQxlesmtaieseffi^; pourquoi ils deviennent . însensilûes à ce qui les passioimait, ennemis de ce qu'ils aim^ent^ fiers de ce qu'ils méprisaient. On a l)eaii essayer de leur parler la langue du juste; die s'entre plus dans, leurs or^es, ^ pourquoi? Je L'ai dit : ce n'est pas asulement leur âme qui a changé ; ce sont leurs organes. La têtey en se définrmant^ est dev^rae trop étroite peur donner accès à ces grandes divinités, jus»
tice, vérité, raison. Elles ne pourraient entrer qu'en pliant les genoux et se ravalant jusqu'à terre.
Mais, chose étonnante, faite pour rendre Tespoir aux désespérés ! Ces mêmes populations dont l'apathie et la misère servile ont aplati le cerveau, si elle^ sont jetées, par hasard,/ dans la liberté, y recouvrent leurs organes* La capacité frontale se retrouve après deux ou trois générations.
C'est ce qui se voit dans les Irlandais de Flews^ qu'un dernier instinct de salut a poussés à émigrer dans les États-Unis. Us étaient arrivés, dimi--
ntiés de la tête^ presque retombés dans le type australien. Après deux générations, sur un sol libre, mieux nourris sans doute et d'un meilleur pain, mais aussi d'idées nouvelles, enveloppés, peut-être, malgré eux, de l'âme d'un grand peuple, recueillis, comme les petit§ du sarigue, dans le sein de l'Amérique, ils y reçoivent une seconde naissance. Ils semblaient être retournés à l'âge de pierre ; ils redeviennent l'homme moderne. Et qui a fait ce prodige? La liberté.
Ainsi^ la question du despotisme a changé.
La science impartiale a démontré deux choses :
la première, qu'asservir ua peuple, c'est le tuer matériellement ; la seconde, que consentir à être asservi, c*est le suicide du corps et de l'âme. I Homère avait eu le pressentiment de cette vérité d'histoire naturelle, dans ces vers souvent cités : « Jupiter, à l'œil perçant, ôte la moitié de leur raison aux hommes qu'il fait esclaves (1). » La physiologie et l'anatomie ont confirmé le • poète.
Le despotisme n'est pas seulement la folie d'un maître, c'est le meurtre en grand.
La servilité n'est pas seulement l'abaissement moral. C'est la mutilation physique de la race.
Voyez donc combien les choses changent d'aspect. C'est la pensée active qui, dans le cr&ne humain, se creuse sa coupole. Lorsque la pensée disparaît, le cr&ne s'abaisse ; il revient au type simien. La coupole s'effondre, le- Dieu s'en va; reste la hôte au fond de l'aiitre.
(1) Littéralement, « aux hommes qu'il a condamnés au ' jour-esclave. »
*'H{i.iou 'Yttp tï voou àirafutpiTflU i&puoira Zsi»; *Av^p£«v, eu; av ^ti xoltà ^o6Xtov {ptap Iknn.
Cf. Plat. De Leg. vi, p. 301.
8M Lk CRÉATION.
Quand on disflât à l'homme qfae le despotittne extirpe Tàme, il en prenait cavalidrement son parla. Peut^-étre changera-t-il d'avie, quand il Banra que le dêepotifime endommage en lui k biMd oeseoee