CHAPITRE X
QUE l'homme est UN COMMENCEMENT.
l'homme dans le plan de l'univers.' — QUE l'ame VRAH
EST 9UB LE CHEMIN DE TOtTES LES TÊEITÉS.
Qu'est-ce donc que Thomme ? Un commônoêment, une ébauche; il n'a que des commencements de mérité, de sagesse, de raison. Il n^ast qu'à Taube, à l'époque Éocène de la jusIiôeK. Même vieux et mourant, c'est encore un embryon.
Dieu, qui aujourd'hui te voiles la fece-, ne laisse pas avorter la justice.
Nous voyons toutes choses comme un frag*^ ment. Notre intelligence n'atteint qu'un mo^ ment de la durée. Qu'^t-ce que notre vie? Une» perpétuelle attente. Notre science mômelapite sûre est intermittente et fiévreuse. A chaque pas;
nous sentons qu'elle n'est qu'au début. Rien d'âchevé. Nous-mêmes, que sommes-nous? Un fragment de nous-mêmes. |
De nos sciences la plus féconde en douleurs est la politique. Pourquoi? Parce qu'elle est la plus fragmentaire. Morcellement^ déchirement plutôt que science. Nous ne saisissons par elle que des embryons d'événements^ des germes imprégnés d'avenir, des membres séparés d'un corps que nous ne voyons nulle part.
Qu'arrivera-t-il demain? Nous ne le savons, nous qui prétendons à Téternité. misère !
Le livre à demi entr'ouvert du monde fossile est un ancien testament qui demande une nouvelle exégèse. Groit-on vraiment que ce soit une idée digne de la majesté de Dieu que de le faire intervenir pour chaque apparition successive d'organisations ; par exemple pour le mammifère insectivore que l'on vient de découvrir dans le trias? N'est-il pas plus conforme à la grandeur divine que chaque être naisse en vertu d'une loi, sans avoir besoin pour apparaître d'un miracle particulier à chaque règne, à chaque couche du globe, que dis-je, à. chaque coquille nouvelle ?