LIVRE HUITIÈME
àu bruit des pagaies, le berger, Tagriculteur, le chasseur, hommes, femmes, enfants, vers la cité aquatique. Le pont est retiré, le salut de la cité est assuré.
Souvent il arrive que les bêtes fauves, surtout les grands cerfii, traqués et poursuivis des hauteurs, se jettent dans le lac. Alors s* élancent de la bourgade dans les pirogues, les hommes restés par hasard dans les cabanes ; ils vont faire la curée, armés de leurs couteaux de pierre.
C'étaient là les grands événements du monde lacustre, auxquels il faut ajouter la pêche. Vie dormante au sein des eaux dormantes. Le reste du temps se passait à fabriquer, tailler, emmancher, dans les bois et les empaumures du cerf, cette première hache de silex, sur laquelle reposait alors tout le premier édifice de l'humanité naissante.
Dans les longs hivers, lorsque le village blanchissait sous la neige au milieu des lacs azurés, les hommes réparaient Tesplanade; ils s'ornaient de colliers faits de dents de carnassiers, ou d'épingles en os, pendant que déjà les femmes filaient le lin à leur foyer. On a retrouvé les pesons de leurs fuseaux.
Si LA. CRSATIOII.
Mais d^ft dam ce mowàe bcuitre ma art semble s'être perdu, dqpuîs k teoips du reoiie oq même de Toars de cav^ne. On ne tronye ploa nulle part, de représentation d'animaux m sur les os, ni sur les vases» coBune si le premier instinct de dessin et de seulptnre de Tlumune fofisile n'avait été qu'un germe de tal^it, prématuré et trompeur, qui davait être étouffé avant de s'élever à un art véritable. Peut-être avaitil péri entre l'époque du renne et edle del'au* rodis, dans le tumulte et L'angoîssa de la vie diluviale»
Sans doute aussi la race Immaine avait chax^fé; trop de besoins nouveaux s'étaient éveillés pour laisser place à des images^ qui durent paraître inutiles, à maMore que la mdu. chasseur ne fxA fdus la seule condition de l'existaakee et qu'il céda au berger et à l'agriculteur. Alors Veâ|irit de rhomme im fiit plus seulement occupé dJob-^ server, d'épier l'animal sauvage ; n'ajyant plus âi le craindre ou à en faire dépa^ke sa propre vie, il cessa peu à peu de le dessiner et de le sculpter. Peut-être aussi l'art fut abandonné, quand la matière principale de l'art disparut avec le bois de renne.