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LIVRE SEPTIÈME

qu'ils appellent l'époque glaciaire (1), époque de mort, pour nôtre hémisphère boréal, où toute vie était ensevelie sous un immenseT linceul de glace. Pour la première fois, la neige tombe; elle couvre une partie de notre continent. Si elle se fond, c'est pour se convertir en névés ; la température, qui baissait depuis la période miocène, achève de tomber, comme si la vie allait finir. Vous diriez la nature .frappée d'une mort prématurée.

(1) M. E. Desor. Le Cimetière de Hallstatt, Extrait de la Bibliothèque universelle, p. 1. « Après la constatation de la présence de rhomme à Tépoque glaciaire. >

Ed. Larlet. c II n'y a pas de caverne habitée avant répoqne glaciaire; » Congrès international d'anthropologie et d'archéologie préhistoriques, p. 133. 1867.

Boyd Dawkins, ibid., p. 96.

« La botanique confirme que les plus anciens habitants, dont nous ayons trouvé les traces dan& notre pays, ont vécu dans un climat glacial.» Albert Stendel. Congrès d'an^ thropologie, 1867, p. 1^. Notice sur les débris de Renne trouvés avec des instruments, près de Schussenried.

Charles Lyell. L'Ancienneté de Vhomme prouvée par la géologie, traduit par M. Ghaper. « Phases successives du développement de Taction glaciaire dans les Alpes. Relation probable de ces phénomènes avec la plus ancfenne date connue de la présence de l'homme. » Ch. xv, p. 304.

Frédéric Troyon. L'homme fossile. < Les plus anciennes traces de l'homme, nettement constatées, nous reportent après les dépôts glaciaires. > Page 120.

Et c'est ce moment d'évanouissement, c'est ce grand sépulcre que l'on dit être le J}erceau de l'homme I II serait donc né dans la décrépitude et dans la mort, enveloppé de langes de neige et de frimas ?

Interrogeons-nous. Portons-nous en nousmêmes le sceau éternel de ce monde glaciaire? est-ce bien là notre fond originel? ne sommes nous que les fils de l'hiver et de l'enfer de glace? est-ce là tout notre être? n'avons-nous en nousmêmes, enfouis au plus profond de notre esprit, aucune réminiscence, aucun rejaillissement, aucune parcelle d'un rayon de soleil et d'amour? J'ai froiS en faisant cette question.

Il faut, en effet, regarder de plus près ce berceau glaciaire d'où l'on nous fait sortir : une mer demi-congelée qui charrie çà et là des montagnes flottantes ; l'Angleterre, tantôt engloutie, tantôt émergée, tour à tour île et continent ; les hautes terres de la Scandinavie et de l'Ecosse moulées dans des blocs immobiles ; l'intérieur de notre continent semblable, en partie, à un Groën-

land européen ; lus sept glaciers de Suisse poussant devant eux leurs moraines, deux au midi, en Italie, les cinq autres au nord, transportant,

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